Chine – États-Unis : poignées de mains et guerre commerciale20/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3016-c.jpg.445x577_q85_box-4%2C0%2C700%2C902_crop_detail.jpg2026-05-20

Dans le monde

Chine – États-Unis : poignées de mains et guerre commerciale

Le 14 et 15 mai, Donald Trump est allé rencontrer Xi Jinping à Pékin. On ne sait si le président américain a reçu le gros câlin qu’il espérait de son homologue chinois, mais il s’est félicité de l’accueil. En coulisses, il s’agissait surtout de business et de démonstration de puissance.

La délégation de Trump était en effet composée de près d’une vingtaine des plus grands patrons américains, parmi lesquels Musk (Tesla/SpaceX), Cook (Apple) et Huang (Nvidia). Ces grands patrons avaient été sélectionnés pour leurs différends commerciaux avec l’État chinois. Ainsi, du fait des représailles de la Chine lors de la première guerre commerciale de Trump, Boeing n’y a plus vendu un avion depuis 2017. Arrivé avec l’objectif d’en vendre 500, Trump en aurait obtenu 200, mais de « très gros ». Jensen Huang, le patron de Nvidia, a vu la vente de ses puces, essentielles pour l’intelligence artificielle, s’effondrer depuis que l’administration américaine l’a contraint à ne vendre en Chine que des versions bridées. L’État chinois a mis les bouchées doubles dans le développement d’une filière nationale concurrente et met maintenant à l’index les produits américains, alors que, sous la pression de Nvidia, les États-Unis ont levé leurs restrictions…

De même, le patron de Micron, qui vend des semi-conducteurs, voit ses produits interdits de fait par l’État chinois pour des raisons de sécurité nationale, une façon pour celui-ci de répondre aux barrières mises par l’État américain à l’entrée des composants produits par Huawei. Quant à la guerre des droits de douane, dont la trêve court jusqu’en novembre, les comptes rendus officiels n’en font pas mention.

Au total, on ne sait quels ont été les résultats des négociations en coulisses, mais la démonstration est faite que les capitalistes américains, malgré toute leur puissance, n’imposent pas à la Chine ce qu’ils veulent.

Dans ces négociations, Xi Jinping a visiblement obtenu quelques déclarations américaines sur Taïwan. Au moment de repartir, Trump a affirmé qu’il s’oppose à ce que « quiconque aille vers l’indépendance », que les Américains « [ne parcourront pas] 15 300 kilomètres pour faire la guerre », que « les ventes d’armes [de Washington à Taïwan] sont toujours en suspens ». Depuis la fin des années 1970, le statu quo entre la Chine et les États-Unis veut que l’indépendance de fait de Taïwan n’est pas reconnue par les grandes puissances. En s’opposant à une indépendance officielle de Taïwan, Trump fait une concession à Xi Jinping.

Officiellement, Xi Jinping et Donald Trump ont placé la relation entre les États-Unis et la Chine dans une « stabilité stratégique constructive ». Xi Jinping s’est même payé le luxe de demander à Trump si les États-Unis étaient prêts à éviter le « piège de Thucydide », une situation de conflit entre une puissance montante, la sienne, et une puissance établie, celle de Trump, qui se termine par la guerre. Visiblement, les démonstrations de force américaines au Venezuela et en Iran ne l’impressionnent pas.

Derrière les sourires diplomatiques, le représentant de l’impérialisme américain a donc pu mesurer une nouvelle fois que la Chine est suffisamment puissante pour résister à sa pression, et même pour le concurrencer, au Moyen-Orient ou en Amérique latine. Il reste à savoir s’il pourra le supporter indéfiniment.

Partager