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Leur société
Chômage : les patrons font payer la crise
Le 13 mai, l’Insee a annoncé que le chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT) dépasse désormais 8 % en France, son plus haut niveau depuis cinq ans, avec officiellement 2,6 millions de chômeurs.

L’Insee ne comptabilise pas dans ce bilan 1,8 million de personnes sans emploi qui n’ont pas fait une recherche active dans le mois précédent ou ne sont pas disponibles dans les 15 jours. Le nombre total des travailleurs frappés par ce fléau du chômage est donc encore supérieur à celui annoncé.
De plus, ces statistiques ne concernent pas tous les chômeurs, elles ne comptabilisent pas ceux qui ont trouvé quelques heures de travail dans le mois, ceux qui sont en stage de formation, ceux qui sont dispensés de chercher un emploi car malades, etc. Avec ceux-là, France Travail arrive au chiffre de 6,5 millions. Et il faut encore leur ajouter 1 million de personnes. En effet, depuis janvier 2025, deux nouvelles catégories (F et G) ont été créées qui regroupent les jeunes, ceux qui attendent leur premier entretien, ceux considérés comme très éloignés de l’emploi ou les allocataires du RSA en attente d’orientation.
Par ailleurs, ces dernières années, le gouvernement a multiplié les réformes au détriment des travailleurs au chômage et la politique de radiation s’est intensifiée contre les inscrits à France Travail, en faisant sortir un certain nombre des bilans et des statistiques officiels.
Malgré tout cela, le gouvernement ne peut cacher l’augmentation en cours. Le ministre du Travail, Farandou, prétend que ce cap des 8 % ne représenterait en fait qu’une « hausse modérée du taux de chômage » puis se félicite que « jamais autant de personnes n’ont travaillé en France depuis 1975 », ce qui est une façon grossière de travestir la réalité. D’après la CGT, 546 plans de licenciements ont été recensés entre septembre 2023 et mars 2026, correspondant à 126 200 emplois supprimés ou menacés de l’être.
Le chômage n’est pas une catastrophe naturelle, mais une façon de maintenir les profits en diminuant la part qui revient aux travailleurs. Les statistiques de l’Insee mesurent aussi le rapport de force entre les classes.
En fait, la crise est là, malgré les cocoricos officiels, et la bourgeoisie est en train de la faire payer à l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient en activité ou au chômage. Il est temps d’imposer qu’elle paye les dégâts que cause son système économique !