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Cisjordanie : le terrorisme des colons et de Netanyahou
Une nouvelle attaque des colons d’extrême droite, vendredi 24 juillet dans un village près de Naplouse en Cisjordanie, a fait six morts et des blessés. Elle a été suivie d’une descente de l’armée israélienne dans l’hôpital de cette ville et d’une offensive politique de Netanyahou à l’appui des agresseurs.

Tous les jours ou presque, et en particulier les vendredis, les groupes de colons, militants d’extrême droite, s’attaquent à des villageois palestiniens, les menaçant, détruisant leurs biens, saccageant leurs terres ou brûlant leurs oliviers. Plus tôt en juillet, une famille paysanne s’était retrouvée assiégée des jours durant par des colons en armes, la seule route menant aux villages voisins bloquée par des pierres, et donc dans l’impossibilité de s’approvisionner. Une molle intervention de l’armée israélienne s’était bornée à dégager les pierres… puis à observer les colons, en toute complicité.
Le 24 juillet, après la mort de quatre Palestiniens et de deux Israéliens, les responsables de l’armée ont annoncé « une vaste opération antiterroriste », qui s’est traduite par des portes de maisons palestiniennes défoncées et une violente incursion au sein de l’hôpital de Naplouse pour y arrêter des blessés ainsi que des dizaines d’autres Palestiniens. Pour Netanyahou, elle a été une excellente occasion, une de plus, d’afficher son soutien enthousiaste aux colons d’extrême droite, en ordonnant d’accélérer la légalisation des dizaines d’avant-postes que ces derniers implantent un peu partout en Cisjordanie, avant de les relier à de précédentes colonies par des routes qui fragmentent de plus en plus les territoires palestiniens. Parmi le demi-million de colons, la plupart sont convaincus de leur bon droit à chasser les trois millions de Palestiniens qui habitent et travaillent en Cisjordanie. Et une partie d’entre eux, dont des groupes de jeunes militants racistes se réclamant de l’extrême droite religieuse, s’activent, avec le soutien total de l’armée, à harceler les villageois arabes jusqu’à ce qu’ils abandonnent leur terre, puis leur maison. Ils se heurtent régulièrement à des familles qui résistent, voire qui s’organisent pour surveiller les environs et se tenir prêtes avant les raids de colons.
C’est à ces colons que Netanyahou s’adresse, à trois mois d’élections qu’il n’est pas sûr de remporter tant il a désormais suscité de mécontents, y compris dans les électeurs de son parti, le Likoud. Outre ceux qui n’oublient pas les multiples accusations de corruption dont il fait l’objet depuis des années, nombre d’Israéliens le tiennent pour responsable de l’impréparation qui aurait rendu possible le massacre du 7 octobre 2023. Il avait alors bénéficié d’un large soutien à sa politique meurtrière contre Gaza, qu’il présentait comme la seule à même de protéger la population d’Israël. Mais l’ampleur des massacres subis par les Gazaouis, l’élargissement de la guerre au Liban et à l’Iran, et la spirale infernale dans laquelle cette guerre enferme aussi les Israéliens, notamment les jeunes tenus de faire l’armée, dissuadent apparemment de plus en plus d’électeurs.
La fuite à l’extrême droite de Netanyahou, l’accélération de la colonisation et la dépossession des Palestiniens de Cisjordanie ne suffiront peut-être même pas à assurer sa survie politique. Mais elles enfonceront à coup sûr un peu plus les deux populations dans le chaos.