Compagnies aériennes : mieux protégées… des passagers04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Compagnies aériennes : mieux protégées… des passagers

Au 1er février, une nouvelle réglementation s’est imposée en France, comme dans le reste de l’Union européenne, en matière d’indemnisation des passagers par les compagnies aériennes, notamment en cas de retard ou d’annulation de vol.

Les compagnies la réclamaient depuis des années, les gouvernements européens viennent de leur donner satisfaction. En effet, sans entrer dans le détail des opérations visées et des démarches à entreprendre, trois choses apparaissent clairement.

D’abord, il sera plus difficile au passager lésé de déposer plainte et a fortiori d’obtenir satisfaction. Il ne pourra plus saisir directement la justice mais devra s’adresser à un médiateur. Ensuite, la procédure à suivre est si complexe que le touriste dont on a égaré un bagage risque de préférer – et c’est le but recherché par les compagnies et les États – renoncer à porter plainte. Et si d’aventure il persiste, la seule chance pour lui de s’y retrouver dans le maquis procédurier sera de louer les services d’un avocat. Bref, les démarches s’annoncent d’emblée coûteuses, et même d’un montant dépassant souvent le plafond des indemnités prévues.

En outre, l’indemnisation maximale possible a été revue à la baisse pour tous les problèmes liés à l’acheminement des passagers et des bagages, les compagnies estimant que la situation actuelle ne leur est pas assez favorable. Pourtant, se faire rembourser en tout ou partie en cas de responsabilité du transporteur tient déjà du parcours du combattant, et les passagers indemnisés sont bien moins nombreux que les déboutés. Mais que ne feraient pas les États pour complaire aux capitalistes du transport aérien et leur éviter ce qui pourrait écorner leurs profits !

Cependant, les passagers voulant faire valoir leurs droits ne seront pas tous encore plus mal traités désormais. Certes, le tout- venant n’aura qu’à espérer ne pas subir d’incident de parcours. Mais les passagers voyageant en première et autres classes de luxe, avec des billets qui coûtent plusieurs mois de ce que gagne un salarié moyen, n’ont guère de souci à se faire. Outre qu’ils ont généralement un avocat pour les défendre, fourni ou pas par leur entreprise, ils constatent que les compagnies se disputent leur clientèle. Alors, avec ou sans changement des règles d’indemnisation, ils savent qu’en cas de problème, les compagnies seront aux petits soins pour eux. Question de classe, et pas seulement sur le coupon de vol…

Partager