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Dans le monde
Conférence de Munich : à couteaux tirés entre alliés
La Conférence de Munich sur la sécurité, du 13 au 15 février, a été une nouvelle occasion pour les rivalités entre les États européens de se manifester, malgré tous les discours sur la nécessité de s’unir face aux États-Unis.
Ce raout diplomatique, comparable au forum de Davos, a réuni une soixantaine de délégations de gouvernements, dont le ministre des Affaires étrangères chinois. Fondée en 1963 par un éditeur allemand, ancien officier organisateur de l’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944, la Conférence est restée confidentielle jusqu’à ce que la guerre en Ukraine la transforme en caisse de résonance de la montée des tensions internationales et de la préparation des opinions publiques au réarmement des pays européens et à la guerre.
Ainsi, à la tribune, le chancelier allemand Merz s’est exclamé : « Nous, en Europe, avons mis fin à de longues vacances loin de l’histoire du monde », et a promis : « Nous ferons de la Bundeswehr l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe, et ce, le plus rapidement possible. » Ce qui ne l’a pas empêché de reprocher à Macron et à son gouvernement de ne pas consacrer assez de moyens au « réarmement de l’Europe ». En fait, quand Merz évoque l’Europe, ce sont des intérêts des capitalistes allemands qu’il défend face à ses concurrents, en particulier français. L’Union européenne n’est en réalité qu’une arène où les États membres défendent chacun leur bourgeoisie et où la loi du plus fort s’impose aux autres.
Le secrétaire d’État de Donald Trump, Marco Rubio, est venu quant à lui faire un discours, prenant un peu plus de gants vis-à-vis des chefs d’États européens que le vice-président J.D. Vance. Mais sur le fond, il s’agissait de réaffirmer l’hégémonie américaine. « L’Amérique trace la voie à un nouveau siècle de prospérité », s’est exclamé Rubio, avec l’assurance de représenter à Munich le plus gros des prédateurs de la jungle capitaliste.
Tous ces représentants du brigandage capitaliste sont concurrents et se disputent sur la façon de se partager le butin résultant du pillage et de l’exploitation des travailleurs et des peuples. Quand ces dirigeants parlent de sécurité, ils n’envisagent que celle des profits de leurs bourgeoisies respectives.
Et pour les peuples, c’est la promesse de plus de dépenses militaires et la perspective d’une nouvelle guerre généralisée.