Crans–Montana : tenanciers criminels28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Crans–Montana : tenanciers criminels

Le 23 janvier, Jacques Moretti, propriétaire du bar ravagé par un incendie qui a fait 40 morts et 116 blessés le soir du Nouvel an dans la station suisse de Crans-Montana, a été remis en liberté après paiement d’une caution de 200 000 francs suisses.

Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, accusé, avec son épouse, d’« homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Sa libération a fait scandale, on le comprend, auprès des familles des victimes. Six d’entre elles étant italiennes, le gouvernement de Rome a exprimé son indignation et rappelé son ambassadeur.

Le couple Moretti se défend en accusant ses salariés, dont tous – sauf une serveuse – ont péri dans l’incendie. Celui-ci a été provoqué, selon l’enquête, par les étincelles de bougies scintillantes qui ont enflammé une mousse, censée servir à insonoriser, placée au plafond du sous-sol de l’établissement. Le plafond de ce bar qui pouvait accueillir jusqu’à 400 personnes était tapissé d’un matériau bon marché et particulièrement inflammable, et des issues de secours étaient fermées. Il n’y avait ni alarme incendie, ni extracteurs de fumées ou extincteurs. Des employés avaient déjà dénoncé l’absence de sécurité du bar : il y a six ans, un barman avait alerté en particulier sur le danger du revêtement du plafond.

L’absence de respect des normes de sécurité, et le fait qu’aucun contrôle de sécurité et d’incendie n’avait eu lieu depuis 2019, mettent en cause la responsabilité des patrons du bar et des services de la ville. Mais ce sont pourtant les salariés que les patrons accusent de négligence. Selon eux, le personnel du bar aurait été bien formé aux règles de sécurité à appliquer en cas d’incendie, mais certains les auraient « sans doute » oubliées. Une des serveuses – morte dans l’incendie – est rendue responsable de ce qu’une des bougies incandescentes a été trop approchée du plafond. Enfin, un employé aurait fermé la porte de secours. Jacques Moretti et sa femme ne seraient donc responsables de rien.

La sécurité des employés... et des clients est passée après le profit.

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