- Accueil
- Lutte ouvrière n°3028
- Crise agricole : les aides arroseront les gros
Leur société
Crise agricole : les aides arroseront les gros
La sécheresse persistante et les canicules répétées conduisent à une véritable crise agricole, en France, en Europe et dans le monde.
La baisse des rendements est palpable dans quasiment tous les secteurs, des céréales au lait, des fruits à la volaille. Les mauvaises récoltes font que bien des éleveurs n’auront pas de quoi nourrir leurs bêtes cet automne. Les syndicats agricoles demandent donc des mesures d’urgence pour sauver les « exploitations » et le premier d’entre eux, la FNSEA, estime leur coût à plusieurs milliards d’euros.
Mais l’agriculture est avant tout un des secteurs de l’économie capitaliste, régi par la concurrence et la loi du plus fort. Ainsi, chaque crise se solde par une concentration et donne naissance à des exploitations de plus en plus grandes, de plus en plus tournées vers le marché mondial et dépendantes de lui. En plus d’être une loi du genre, cette concentration est voulue par la FNSEA, d’une part, l’État, d’autre part. La ministre de l’Agriculture avait ainsi souligné, lors du dernier salon, que la taille des exploitations devait augmenter pour des raisons de compétitivité internationale. Loin d’exister pour nourrir la population, comme la FNSEA le répète si souvent, l’agriculture est là pour nourrir les bénéfices des investisseurs, directs et indirects, de l’agro-industrie.
Ainsi, la dernière loi d’urgence agricole, votée en juillet, veut favoriser la captation d’eau au seul profit des capitalistes du secteur. La crise actuelle et les demandes de la FNSEA et de la Coordination rurale vont pousser dans le même sens. Les subventions et aides iront, comme de bien entendu, aux exploitations les plus grosses, sans qu’il soit tenu compte des bénéfices des années précédentes, de l’appartenance à un groupe multinational, de la taille des groupes financiers propriétaires, des atteintes portées à l’environnement ou des conditions de travail imposées aux employés et saisonniers.
Le plan de sauvetage agricole sauvera, on peut le parier, les profits des capitalistes de l’agriculture, quand bien même leur façon de produire est une des causes des catastrophes climatiques. Les petits et les moyens feront faillite et les familles ouvrières en seront quitte, devant la hausse des prix, à se contenter de cinq fruits et légumes… pour les fêtes. En agriculture, comme ailleurs, l’argent va à l’argent et il pleut toujours où c’est mouillé.