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Dans le monde
Cuba : étranglée par l’impérialisme
Le blocus économique permanent que les États-Unis imposent à Cuba s’est renforcé ces dernières semaines par l’interruption presque totale de la livraison de pétrole.

Le pétrole du Venezuela n’est plus livré depuis que, début janvier, les États-Unis ont enlevé le président et menacent sa remplaçante d’un sort pire si elle ne se soumet pas à leurs diktats. La marine américaine arraisonne les pétroliers qui ne respectent pas l’embargo décrété par les États-Unis. Autre fournisseur de Cuba, le Mexique est de même obligé d’arrêter ses exportations de pétrole vers l’ile des Caraïbes.
Cuba vit donc au rythme d’économies énergétiques forcées qui rendent la vie de ses 11 millions d’habitants très difficile. Les transports et l’électricité fonctionnent de façon intermittente. Il devient très compliqué de faire le plein. Le fonctionnement des hôpitaux est réduit. L’économie tout entière est étouffée, de ce qu’il reste du tourisme à l’agriculture et aux usines qui transforment la canne en sucre.
L’hostilité de l’État américain envers Cuba n’est pas une des lubies de Trump. Elle a été constante sous tous les présidents des États-Unis, républicains comme démocrates, depuis 67 ans. Car en 1959, sans avoir la permission de l’impérialisme américain qui considère les Caraïbes comme son arrière- cour, une guérilla s’était transformée en révolution populaire pour renverser le dictateur à la botte de Washington qui dirigeait Cuba.
Fidel Castro, Che Guevara et leurs compagnons avaient pris le pouvoir et, appuyés par la population cubaine, ils avaient pu refuser de céder aux pressions des États-Unis au cours des années suivantes. Ils avaient résisté à des tentatives d’assassinat, de corruption et même à une tentative de débarquement, à la grande satisfaction de nombreux opprimés de par le monde.
Soumis à un embargo économique, le régime castriste avait pu faire fonctionner l’économie et même développer l’accès à l’éducation et à la santé en nationalisant certaines entreprises américaines. Il s’était tourné vers l’URSS, le rival des États-Unis à l’époque de la guerre froide, pour survivre économiquement. Certains pays d’Amérique latine l’avaient aussi aidé à rompre son isolement pour signifier au puissant impérialisme américain qu’il ne pouvait pas tout se permettre. En échange Cuba avait fourni des médecins que sa priorité donnée à la santé lui permettait de former en bien plus grand nombre que ses voisins soumis aux multinationales américaines.
Depuis la disparition de l’URSS, il y a 35 ans, les difficultés économiques se sont aggravées dans cette île, marquée par le sous-développement dû à des siècles d’oppression coloniale, d’exploitation esclavagiste et des décennies de soumission au puissant voisin américain. Malheureusement, les efforts du régime castriste pour se maintenir malgré tout l’ont conduit à renforcer ses côtés autoritaires.
Les États-Unis utilisent le prétexte du manque de démocratie dans cette île assiégée par un ennemi infiniment plus puissant, prétendant agir dans l’intérêt de la population. C’est un mensonge accrédité par les plus réactionnaires des Cubains émigrés en Floride. Mais tout en privant Cuba de pétrole, Trump fait aussi pression sur le Nicaragua pour qu’il empêche les Cubains fuyant le désastre économique en cours de passer par son territoire pour rejoindre les États-Unis.
L’objectif de l’impérialisme n’est évidemment pas la défense de la liberté et de la démocratie à Cuba. Il est de réaffirmer sa prédominance sur tout le continent américain, si possible en faisant tomber le régime issu de la révolution de 1959 pour le remplacer par des dirigeants qu’il choisira. Il veut refaire de l’île ce qu’elle était avant cette date : une de ses semi-colonies.