Éducation : des milliers de suppressions de postes28/01/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/01/P10_eleves_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-97%2C0%2C648%2C310_crop_detail.jpg

Leur société

Éducation : des milliers de suppressions de postes

Voté à coups d’article 49.3, et surtout avec l’assentiment du PS, le budget comporte la suppression de 4 000 postes d’enseignant. Cela n’a pas été mis en lumière alors que cela représente une attaque violente contre l’école.

Illustration - des milliers de suppressions de postes

Pour faire passer la pilule bien amère, Sébastien Lecornu prétend qu’en contrepartie il va créer 2 000 postes dans l’Éducation nationale, notamment pour accueillir les enfants en situation de handicap. C’est se moquer du monde ! Pour justifier la nouvelle ponction, le gouvernement invoque une baisse démographique. Mais la réalité est que depuis des années, le nombre d’enseignants face aux élèves diminue. Il s’agit d’une sorte de plan de licenciements qui ne dit pas son nom. Ainsi d’après le SNES, sur les huit précédentes rentrées, 8 865 emplois d’enseignant ont été supprimés dans le second degré public, alors même que 8 029 élèves supplémentaires étaient accueillis dans les collèges et lycées. Il faudrait donc à l’inverse recruter massivement pour retrouver les effectifs de 2017.

Comme dans l’ensemble des services publics, le gouvernement opère une véritable saignée, contribuant à dégrader les conditions d’apprentissage des enfants. C’est particulièrement vrai dans les communes populaires. De nombreux jeunes collégiens accumulent les lacunes en lecture et en mathématiques et les classes surchargées aggravent leur retard.

Le Parti socialiste feint contre toute évidence de voir des avancées dans ce budget ; en fait, il se montre complice de ces attaques. Les prétendus 2 000 postes créés sont un pur artifice comptable. Le précédent budget prévoyait la création de 1 200 postes d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), le nouveau en prévoit 800 supplémentaires. Voilà comment on en obtient 2 000 sur le papier. En réalité, les besoins dans ce domaine sont immenses : neuf enfants en situation de handicap sur dix n’ont à ce jour le soutien d’aucun AESH. De plus, si le gouvernement prévoit d’en recruter davantage cette année, le Sénat vient de refuser de leur donner un statut de fonctionnaire qui leur permettrait d’obtenir une rémunération à plein temps et des perspectives d’augmentations. Aujourd’hui, une AESH gagne en moyenne 900 euros par mois. Pendant que le cirque parlementaire suit son cours la guerre sociale contre les classes populaires se poursuit.

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