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Leur société
Erika : 26 ans de pollution
Des oiseaux marins mazoutés, retrouvés sur des plages du Finistère entre le 16 et le 22 janvier, auraient été victimes de fuel échappé de l’épave du pétrolier Erika, qui a sombré… en 1999 !
En fait, cela n’a rien de surprenant ni d’exceptionnel. Mois après mois, la Ligue de protection des oiseaux recueille sur les plages du Finistère des corps de volatiles mazoutés, résultat des différentes marées noires qui ont affecté la Bretagne. En effet, même quand il est possible de récupérer une partie du chargement d’un pétrolier qui a fait naufrage, « on ne peut pas le pomper intégralement » et il peut y avoir longtemps après « des libérations de fuel dans l’environnement », explique un responsable du Cedre, un laboratoire spécialisé dans les pollutions accidentelles des eaux. Celui-ci confronte actuellement les prélèvements sur des oiseaux à la composition du fuel que transportait l’Erika, affrété par Total. Quelque 20 000 tonnes de fuel lourd avaient alors souillé les côtes sur 400 kilomètres, provoquant entre autres la mort de 150 000 à 300 000 oiseaux. « Nous ne sommes pas juridiquement responsables », avait plaidé Total en faisant traîner la procédure. La société a fini par être condamnée en septembre 2012 à 375 000 euros d’amende et à payer une toute petite partie de ce que demandaient les collectivités et les associations qui avaient assumé le nettoyage des côtes.
Les bénéfices du trust pétrolier ont battu un nouveau record l’année qui a suivi la catastrophe et n’ont pas été égratignés par la suite. Total a même tenté, sans beaucoup de succès semble-t-il, de tirer profit ce qui a été pompé de l’Erika, en s’associant à Bouygues qui utilise des résidus de produits pétroliers pour les routes. En tout cas, ce qui reste au fond des cuves n’a aucune chance de rapporter, et tant pis pour la pollution que cela continue d’occasionner : TotalEnergies s’en lave les mains.