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États-Unis : très chers missiles
Alors que Trump cherche une majorité au Sénat pour faire voter un budget militaire massif, en hausse et dépassant les 1 000 milliards de dollars, élus Républicains et Démocrates s’écharpent sur les raisons de la baisse des stocks de missiles.
En effet, pour faire passer leur budget, Trump et son ministre de la Guerre expliquent qu’il est vital de passer des commandes au complexe militaro-industriel pour reconstituer ces stocks. À cela les Démocrates répondent que si Trump n’avait pas entraîné le pays dans une guerre contre l’Iran que les États-Unis ne peuvent pas gagner, les stocks ne seraient pas entamés. Pour se défendre, Trump reproche aux Démocrates et à leur ancien président Biden d’avoir donné trop d’armes à l’Ukraine. Et les deux camps s’accusent mutuellement de ne pas savoir préparer l’impérialisme américain à une future confrontation avec la Chine.
La réalité est que les États-Unis ont alimenté la guerre en Ukraine en fournissant beaucoup d’armes terrestres : blindés et canons de toutes sortes accompagnés de leurs millions de munitions. Ils ont aussi envoyé des missiles mais surtout des missiles antichars. Or la guerre contre l’Iran est essentiellement aérienne.
En cinq mois, ils ont bombardé ce pays avec toutes sortes de missiles : 1 200 Patriot, plus de 1 000 Tomahawk, plus de 1 100 missiles air-surface, etc. Ce faisant les armées américaines ont rapidement consommé entre un quart et la moitié de leur réserve de missiles et c’est une des raisons des phases de pause qu’observe l’agresseur américain.
Les généraux utilisent aussi des bombes classiques, telle celle d’une tonne qui a été lâchée de nuit le 30 juillet sur une île iranienne du détroit d’Ormuz : une famille a été pulvérisée, sa maison laissant place à un cratère gigantesque.
Produire des missiles prend bien plus de temps que les tirer. Et ils coûtent cher, très cher, ce qui rapporte beaucoup à leurs fabricants : le coût est de l’ordre de 3 millions de dollars pour un Tomahawk, 5 millions pour un Patriot et jusqu’à 15 millions pour un intercepteur de drones, dont 250 ont été tirés.
Pour financer un budget militaire astronomique, l’État américain s’endette et sacrifie les dépenses sociales.En même temps, les automobilistes subissent une hausse de 37 % des carburants depuis le début de cette guerre, aujourd’hui visiblement dans l’impasse et de plus en plus impopulaire.