Eurosatory : la mort est leur métier17/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3020-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-06-17

Leur société

Eurosatory : la mort est leur métier

Le Salon de l’armement Eurosatory 2026, qui se tenait du 15 au 19 juin à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, a illustré la course au réarmement qui agite toute la planète, une frénésie allant de pair avec la multiplication des conflits meurtriers.

2 600 industriels issus de 93 pays y ont exposé leurs engins de mort. Ils tirent profit du fait que, en 2025, les dépenses mondiales d’armement ont atteint 2 880 milliards de dollars, 500 de plus qu’en 2024. Les industriels français comme Thales, Safran, MDBA et Dassault y ont eu une place de choix. Drones et systèmes antidrones, chars d’assaut, pièces d’artillerie et missiles de toutes sortes y ont été présentés. L’argument préféré des vendeurs est de pouvoir proposer des équipements « testés au combat » sur les champs de bataille, et ceux-ci ne manquent pas, de l’Ukraine au Moyen-Orient. Tout juste s’ils n’affichaient pas le nombre de morts faits par leurs produits.

Les guerres qui ravagent la planète ont été pour ces industriels de l’armement une opportunité de vendre mais aussi de perfectionner en permanence leurs technologies, et ils sont venus à Villepinte pour en tirer profit. Les systèmes d’intelligence artificielle équipant les drones, de plus en plus performants, ont été à l’honneur. Pour les populations d’Ukraine, c’est « la mort qui vient du ciel », mais pour les fabricants il s’agit uniquement d’un créneau commercial sur lequel ils se livrent une concurrence féroce à l’échelle internationale.

L’industrie d’armement ukrainienne est mise en valeur. Les industriels de ce pays ont fait de leur faiblesse initiale un atout majeur en produisant à moindre coût des armes capables d’anéantir celles de l’adversaire. « Nous détruisons des équipements coûtant des millions de dollars avec des drones à 2 000 euros pièce », se vante le fondateur de l’entreprise ukrainienne TAF Industries. Ses clients pourront ainsi semer la mort et faire subir à la population de leurs ennemis les horreurs qu’a subies l’Ukraine.

L’armée française, pour sa part, n’a pas manqué de déléguer ses généraux pour semer encore un peu plus l’inquiétude et contribuer ainsi à ce que les profits militaires ne se tarissent pas. « La probabilité d’un choc à l’Est face à la Russie est de plus en plus forte », a ainsi déclaré le général Montenon, qui dirige l’armée de terre. Toute cette débauche d’engins pouvant franchir des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres était d’ailleurs placée sous le signe de l’hypocrisie la plus totale. Les équipements présentés au Salon seraient uniquement défensifs. Comme si tous les fauteurs de guerre avaient jamais revendiqué autre chose que le fait de se défendre.

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