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Leur société
France Travail : statistiques et exploitation
Au 2e trimestre 2026, le nombre d’inscrits à France Travail a augmenté de 0,8 %, alors qu’il était en baisse au trimestre précédent. Toutes catégories confondues, il y a plus de 7,5 millions d’inscrits.

L’inscription automatique des allocataires du RSA, des jeunes suivis par les missions locales et des personnes en situation de handicap suivies par Cap emploi, puis les actualisations automatiques d’une partie des inscrits ont fait monter les chiffres. Les sanctions scandaleuses appelées « suspension-remobilisation », les créations de nouvelles catégories les ont fait baisser. Sans compter les changements de formulaires d’actualisation et les variations départementales dans l’application de la loi, qui jouent dans les deux sens.
Résultat, personne ne peut sérieusement interpréter les variations du nombre d’inscrits. Même les statisticiens du ministère du Travail, qui tentent des simulations des séries, hors l’effet de tous ces « chocs », conseillent de ne pas trop s’y risquer, dans des publications où les avertissements finissent par prendre presque autant de place que les résultats.
Pourtant, derrière les chiffres, il y a la réalité des contraintes imposées : des chômeurs sont obligés de prendre un emploi précaire dur et mal payé, qui les met parfois en danger. Les témoignages sont légion, concernant par exemple : le travailleur qui ne mange pas à sa faim envoyé en stage porter des charges lourdes sous la menace d’une radiation ; le RSA coupé faute d’avoir un téléphone pour recevoir son mot de passe de connexion ; la décompensation de malades psychiatriques qui reprennent un emploi incompatible avec leur état de santé et leur suivi médical ; les toxicomanes basculant dans la prostitution faute de toucher le RSA...
Malgré les aléas des séries statistiques, il ne fait pas de doute que les conditions de travail se dégradent et que les vagues de licenciements se succèdent. Les plus fragiles, cassés par le travail, se retrouvent mis à l’écart, puis se voient reprocher de vivre aux crochets de la société, pour finalement être mis en concurrence les uns avec les autres.
Si les statistiques de France Travail ne rendent pas compte de cette évolution, on peut toujours consulter celles du CAC 40…