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- Lutte ouvrière n°3019
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Leur société
Goodyear – Amiens : des millions pour les patrons
Lundi 7 juin, le président Macron est venu à l’usine Dunlop- Goodyear d’Amiens saluer la mise en place de nouvelles machines, un investissement de 170 millions d’euros. Il s’agissait d’illustrer la mise en route de son projet de réindustrialisation.

Macron a regretté que nous soyons « dans une compétition internationale qui ne respecte pas les règles du jeu », ce qui revient à accuser les travailleurs des pays étrangers et aussi les patrons chinois largement subventionnés par leur État.
On ne sait pas si les nouveaux investissements de Goodyear à l’usine d’Amiens créeront des emplois, ni même s’ils permettront de sauvegarder ceux existant, mais tout le monde se souvient bien que ce sont les actionnaires de l’entreprise qui ont fermé en 2014 l’usine jumelle qui se trouvait de l’autre côté de la rue et licencié 1 143 salariés. Celle-ci avait pourtant touché, au nom de l’aide à la compétitivité internationale, de substantielles aides des pouvoirs publics.
Aujourd’hui, encore une fois, l’État fait cadeau aux mêmes actionnaires de 45 millions d’euros, sur les 170. Le but, justifie Macron, est « d’accompagner une transformation de l’outil industriel pour gagner dans cette compétition internationale » et, de ce fait, explique t-il, de préserver l’emploi en France. Ce n’est pas de l’aveuglement, mais de la servilité à l’égard du grand patronat !
La dernière fois que Macron était venu faire des promesses à Amiens c’était entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017. L’usine Whirlpool fermait et le candidat avait promis qu’il sauverait les 500 emplois en trouvant un repreneur. Un industriel local complice avait empoché une dizaine de millions d’aides avant de fermer définitivement le site un an plus tard.
François Hollande, de son côté, avait fait les mêmes promesses dans le cadre de sa campagne présidentielle aux salariés de la seconde usine Goodyear, celle qui a fermé en 2014.
La pire des choses pour les travailleurs serait de croire de tels politiciens quand ils prétendant venir défendre leur gagne-pain.