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Grande-Bretagne : Starmer désavoué
Suite à la claque subie par le Parti travailliste lors des élections locales et régionales du 7 mai, les appels à la démission du Premier ministre Keir Starmer se multiplient.
Jeudi 7 mai, les électeurs gallois et écossais étaient appelés à élire leurs députés aux parlements régionaux, et une fraction de l’électorat anglais était appelée à élire quelque 5 000 conseillers territoriaux dans 136 collectivités. La faible participation, autour de 40 % et souvent très inférieure dans les circonscriptions populaires, a confirmé l’indifférence voire le dégoût d’une grande partie des travailleurs envers le cirque politicien, à l’heure où leurs difficultés matérielles s’aggravent.
Le désaveu du Labour Party est frappant, en particulier dans ses bastions ouvriers traditionnels, où son déclin s’accentue de scrutin en scrutin. Il tombe à moins de 20 % des voix, a perdu 1 498 conseillers et 38 collectivités. Au Pays de Galles, qu’il dirigeait depuis la création d’un parlement régional en 1999, il n’est plus que le quatrième parti : le vote sanction a profité aux autonomistes de Plaid Cymru, arrivés en tête. En Écosse, le Labour a perdu des plumes depuis longtemps au bénéfice des séparatistes du SNP, qui y conservent la majorité.
Cette déroute, annoncée dans les sondages, est tout sauf une surprise. En effet, depuis l’entrée en fonction de Starmer en juillet 2024, il n’a eu à offrir aux classes populaires que paroles creuses et démagogie antimigrants et cela ne paye pas les factures. En revanche, le parti antimigrants Reform UK, dirigé par l’ex- conservateur et champion du Brexit Nigel Farage, réalise une percée : partant de zéro, il a conquis 14 collectivités et gagné 1 454 conseillers. Au Pays de Galles, où il existait à peine, il arrive en seconde position et en Écosse, avec 16 % des voix, il fait son entrée au Parlement. Cette progression s’explique en partie par le siphonnage d’électeurs du Parti conservateur et s’observe aussi dans ces circonscriptions pauvres qui, en 2016, avaient vu le mécontentement s’exprimer par le vote pro-Brexit. Travaillistes et conservateurs, qui s’imaginaient couper l’herbe sous le pied de Reform UK par la surenchère xénophobe, en sont pour leurs frais. Conforté, Farage se présente plus que jamais comme prêt à entrer à Downing Street après les prochaines législatives, au plus tard en 2029.
Dans une moindre mesure, le rejet du Labour a aussi profité aux Verts, dont le positionnement à gauche des travaillistes sur les questions sociales et internationales leur a permis de dépasser 15 % des voix et de rafler cinq collectivités.
Au sein du Parti travailliste, la compétition est maintenant engagée pour savoir qui remplacera Starmer à la tête du gouvernement. Mais c’est une mascarade sans enjeu pour les travailleurs. Les dirigeants des deux plus grands syndicats, Unite et Unison, qui financent encore le Parti travailliste, l’ont appelé à changer de direction, à écouter enfin les aspirations populaires. Mais ni Streeting à droite, ni Rayner ou Burnham, supposément plus à gauche, n’ont l’intention d’imposer quoi que ce soit à la classe capitaliste. Ciblage des immigrés, collaboration criminelle avec l’impérialisme américain, avec ces candidats au remplacement de Starmer la continuité dans la gestion de la barbarie capitaliste sera assurée.