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Grèce : Macron VRP en treillis
Macron était en Grèce les 24 et 25 avril pour parler investissements et commandes d’armes.

Macron était accompagné d’une délégation de patrons. C’est que la Grèce est une terre de profits pour la bourgeoisie française. Deux cents entreprises tricolores, employant 17 000 salariés, y seraient implantées, et leurs investissements auraient été de 2 milliards d’euros en 2025, en augmentation de plus de 50 % au cours des cinq dernières années. Au centre de ces investissements, il y a l’armement. La Grèce a commandé à Dassault 24 Rafale et à Naval Group trois frégates, le tout pour 5,5 milliards d’euros. Une quatrième frégate a été ajoutée au panier de Naval Group en 2025.
Le justifiant par les tensions récurrentes avec la Turquie, la Grèce vient de se lancer dans une refonte de son armée, présentée comme la plus importante de son histoire. C’est pour ce pays de 10 millions d’habitants un budget colossal : il va y consacrer 25 milliards d’euros sur douze ans, avec des achats importants de matériels. On parle notamment d’un dôme anti-missiles, anti-aérien et anti-drones appelé « Bouclier d’Achille » qui ferait le bonheur d’un Thales, et de quatre sous-marins qui feraient celui de NavalGroup.
Les deux pays ont renouvelé leur accord de partenariat stratégique pour une période de cinq ans, assorti d’une clause de reconduction automatique à durée indéterminée. Macron a proposé aussi un échange afin que les vieux avions de combat Mirage que possède la Grèce soient transférés à l’Ukraine, tandis que de nouveaux Rafale à prix réduit lui seraient fournis. Une aubaine pour Dassault.
Au-delà de ces commandes militaires, Macron a multiplié les postures guerrières. Il s’est ainsi adressé à « tous nos ennemis, potentiels ou réels », pour leur signifier qu’il fallait « qu’ils sachent très clairement » qu’« il n’y avait pas d’interrogation à avoir » : en cas d’agression militaire contre la Grèce, l’impérialisme français répondra à la clause d’assistance mutuelle. Pour Macron, cette posture doit « inspirer » le reste de l’Europe. Car si l’opposition entre la Grèce et la Turquie s’est ravivée quand en 2020, cette dernière a envoyé des bateaux civils et militaires prospecter des champs de gaz dans les eaux grecques, Macron vise plus loin. Il en a appelé au « sursaut » de l’Europe en matière de défense au moment où « un président américain, un président russe et un président chinois sont farouchement opposés aux Européens », pas moins. Dans l’escalade militaire et guerrière qui agite le monde, Macron monte sur ses ergots pour avoir sa part.