Groupe Elsan – Perpignan : deux cliniques en grève28/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3013-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-04-28

Dans les entreprises

Groupe Elsan – Perpignan : deux cliniques en grève

Depuis vendredi 24 avril, la majorité des travailleurs des cliniques Médipôle, à Perpignan et Cabestany, sont en grève pour leurs salaires.

Les salariés de Medipôle exigent que la prime d’intéressement, qui peut atteindre 1 500 euros, soit pérennisée sous la forme d’un 13e mois. Ils demandent aussi la révision de la grille des salaires. Leurs revendications concernent aussi les conditions de travail qui se dégradent, un sous-effectif organisé et des remplacements et déplacements de personnel de plus en plus fréquents.

Ces deux cliniques, Saint-Roch et Saint-Pierre, font partie depuis quelques années du groupe Elsan, devenu leader de l’hospitalisation privée, avec plus de 200 établissements en France. La priorité de ce groupe est évidemment de soigner... ses profits ! Il faut « optimiser », faire du chiffre, dégager des bénéfices, en commençant par s’en prendre aux conditions de travail et de rémunération du personnel.

La direction, en collaborant pour cela avec l’ARS et la préfecture, a mis en place un grand nombre de réquisitions, jugées par les grévistes contestables voire abusives. Des huissiers viennent jusque sur le piquet de grève les remettre aux salariés, quand ce ne sont pas les gendarmes qui viennent au petit matin à domicile.

Lundi 27 avril à midi, la direction de Medipôle devait recevoir les représentants du personnel, mais en limitant le nombre à quatre délégués syndicaux. Plus de 150 grévistes rassemblés en Assemblée générale ont aussitôt décidé de s’y rendre tous, et imposé que la délégation soit élargie à tous les représentants et délégués du personnel. À l’issue de cette réunion, la direction n’ayant que des « cacahuètes » à proposer, l’assemblée a voté unanimement la reconduction du mouvement et fixé l’heure de l’AG du lendemain. Le soir même, à la clinique Saint-Pierre, une réunion entre représentants du personnel et le directeur – par ailleurs président du Medef départemental – se tenait, avec le même résultat, c’est-à-dire aucun, sans surprise. La direction se plaignant de la désorganisation des services liée à la grève, elle s’est entendu répondre que c’était sa politique de rentabilité qui causait une désorganisation permanente. Là aussi la grève était reconduite avec enthousiasme, la détermination étant renforcée par la venue et l’intervention d’une délégation de l’autre clinique Medipôle, chaleureusement accueillie.

Des banderoles et pancartes reprenant les revendications devraient servir lors d’actions prochaines à destination du public, ou en visant l’ARS par exemple. Les contacts se mettent en place entre les différents établissements déjà touchés par la grève ou qui le seront bientôt, comme la Polyclinique Méditerranée – Notre Dame, elle aussi rattachée au groupe Elsan.

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