Hantavirus : détresse respiratoire… du système hospitalier20/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3016-c.jpg.445x577_q85_box-4%2C0%2C700%2C902_crop_detail.jpg2026-05-20

Leur société

Hantavirus : détresse respiratoire… du système hospitalier

Le surgissement de l’hantavirus et la peur de sa propagation ont rappelé le danger des épidémies et la négligence des gouvernements pour les anticiper.

Début mai, à bord du navire de croisière MV Hondius qui remontait l’Atlantique depuis l’Amérique du Sud, le virus a atteint plusieurs passagers. Ceux-ci y ont développé des détresses respiratoires aiguës et, à ce jour, trois en sont morts. Les autorités sanitaires internationales ont rapidement identifié le coupable : il s’agit d’un variant de l’hantavirus, apparu lors de la guerre de Corée, et isolé dans les années 1970 dans des animaux à proximité de la rivière coréenne Hantaan, d’où son nom. Ce variant était connu depuis des années comme le seul transmissible entre êtres humains. Un traitement spécifique, tel qu’un vaccin, n’existant pas, des protocoles de confinement des cas contact ont alors été annoncés dans plusieurs pays.

En France, la communication gouvernementale a d’abord laissé entendre, le 11 mai, que les cinq voyageurs rapatriés n’étaient pas infectés, et qu’ils pourraient se confiner chez eux après 72 heures de quarantaine à l’hôpital. Puis l’état de l’une d’entre eux, testée positive, s’est rapidement détérioré et dès le lendemain, non seulement les passagers, mais les 22 cas contact identifiés ont été placés en isolement hospitalier. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé que la France appliquait « les mesures les plus strictes de la zone européenne ». La France disposerait désormais de stocks suffisants de masques et de tests PCR. Mais chacun se souvient des propos du ministre de la Santé Olivier Véran en février 2020, affirmant que « le système de santé est prêt » pour faire face au Covid-19. Alors il n’y a pas de raison de faire confiance aux responsables sur parole.

En fait, la question essentielle reste les capacités d’accueil hospitalières. L’absence de vaccin n’empêche en effet pas les soins. Il existe des systèmes d’oxygénation extracorporelle capables d’augmenter les chances de survie des patients graves. Mais encore faut-il en avoir en nombre suffisant, de même que, simplement, des lits et du personnel médical ! Or six ans après le Covid-19, la casse de l’hôpital public s’est aggravée. On se souvient qu’à l’époque, le manque de respirateurs et surtout de lits de réanimation équipés avait été un problème majeur. Depuis, le nombre de ces lits n’a pas été augmenté, et des milliers de lits hospitaliers « normaux » ont été fermés. À l’hôpital Bichat-Claude-Bernard, où ont été placés plusieurs patients rapatriés du MV Hondius, les syndicats dénoncent depuis des années ces sous-capacités et le sous-effectif. Les plans de préparation aux pandémies existent bien sur le papier, mais aucune politique de recrutement n’a été mise en place.

Autant il est bien compliqué de savoir quand et comment une épidémie peut se développer, autant il est certain que la politique d’économies sur la santé est criminelle à tout moment.

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