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- Lutte ouvrière n°3027
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Dans les entreprises
Haribo – Marseille : pas de ronds, pas de bonbons !
Lundi 2 août a débuté la sixième semaine de débrayages quotidiens observés par 60 % des 150 travailleurs de Haribo à Marseille. Ils n’acceptent pas les conclusions des NAO (négociations annuelles obligatoires) édictées par la direction.
Depuis cinq semaines, à l’appel des deux syndicats de l’usine, la CGT et FO, les deux équipes débrayent deux heures par jour. Mercredi 29 juillet, les travailleurs se sont rassemblés à quelque 150 pour un barbecue devant l’entrée de l’usine de Marseille, avec des collègues venus de l’usine d’Uzès ainsi que des délégués FO et CGT d’autres entreprises. Un camion s’est retrouvé bloqué une demi-heure à l’entrée. Sur le sol de l’entrée égayée d’abris de toile rouge (le soleil tapait fort) et de nombreux drapeaux rouges siglés, il était inscrit « direction démission », « on lâche rien ». Les chauffeurs de camions et de voitures qui passent sur le boulevard, devant l’usine, klaxonnent pour exprimer leur sympathie
« La direction propose une augmentation générale de 0,6 % à tous les salariés ainsi qu’une augmentation de 0,3 % en individuel alors que nous avions proposé une enveloppe de 100 euros brut mensuels pour tous les ouvriers. Quand on réa- lise plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, plus de 30 millions de bénéfices, on le ressent comme du mépris », explique la déléguée CGT de l’usine. La direction ne se vante-t-elle pas régulièrement, lors des bilans de fin d’année, d’être le leader européen du bonbon ?
Ce mouvement a débuté quand la production des bonbons en prévision d’Halloween était engagée. La direction conditionne les augmentations proposées à la reprise du travail et au rattrapage du retard pris. Les petits chefs sont envoyés pour questionner : « Et alors, vous continuez la grève ? Vous n’avez pas peur que l’usine ferme ? » Pendant les heures travaillées, cela tient du harcèlement : « Comme vous avez fait grève, maintenant travaillez vite, bougez-vous. » Ils font la police des pauses.
À la question des salaires s’ajoute une inquiétude diffuse quant à la fermeture éventuelle du site marseillais car la direction prévoit la construction d’une nouvelle usine à Uzès, où les 150 travailleurs de Marseille pourraient être tenus d’aller travailler.
Bien que le mouvement leur ait coûté déjà 900 euros, les travailleurs ont bien l’intention de tenir bon.