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- Lutte ouvrière n°3019
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Leur société
Île de La Réunion : le PCR veut un capitalisme “réunionnais”
Depuis 2004 les tractations économiques entre l’Union européenne et quatre États de l’océan Indien (les Comores, Maurice, les Seychelles et Madagascar), ont donné différents accords commerciaux.
Ces accords intermédiaires devaient aboutir le 10 juin à la signature d’un accord global de partenariat économique (APE).
Les précédents accords ne concernaient que l’exonération de taxes sur les biens matériels exportés vers l’Europe, mais le nouveau permet une plus grande circulation des services et des investissements.
Regrettant que les collectivités territoriales n’aient pas été invitées dans ces négociations, le Parti communiste réunionnais (PCR) dénonce, dans son journal Témoignages, « la faillite du capitalisme réunionnais, incapable d’organiser la mobilisation avec les chefs des collectivités locales et les représentants des Réunionnais en Europe. Issu de l’accumulation de richesses créées par l’esclavage, ce capitalisme local n’a pas de conscience réunionnaise, ce qui explique sa faillite illustrée par la prise de contrôle de pans entiers de notre économie par des entreprises étrangères. »
Le PCR agite donc la crainte du chômage du fait que les produits et les services réunionnais seraient désormais concurrencés par ceux de Maurice à 200 km, de Madagascar à 1 000 km, qui a une jeunesse bien formée et payée moins que le RSA. Il regrette que les exploiteurs réunionnais ne soient pas venus à la rescousse contre la menace que feraient peser sur les travailleurs réunionnais les travailleurs pauvres des pays de la région ! C’est présenter ceux-ci comme des ennemis au lieu de vouloir en faire des alliés dans la lutte contre les capitalistes.
Malgré son étiquette communiste, le PCR comme son homologue le PCF est bien atteint du virus nationaliste et chauvin.