Incendies : qui a été à la hauteur ?05/08/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/08/une_3027-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-08-05

Leur société

Incendies : qui a été à la hauteur ?

Dans un entretien au journal La Tribune du 1er août, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a estimé sans rire que, face aux incendies, « la réponse a été à la hauteur ». Il n’y aurait donc quasiment rien à redire à l’action de son gouvernement.

Lecornu a tout de même été obligé de reconnaître des efforts à faire « dans la prévention, dans la planification de long cours en amont des crises ». Mais cela ne l’empêche pas de mettre en avant la prétendue importance des moyens alloués à la Sécurité civile, insistant sur le fait que son budget « qui atteint aujourd’hui près de 800 millions d’euros, a quasiment doublé depuis 2017. » Mais le problème est de savoir si ce doublement est « à la hauteur » des besoins quand on sait que, du fait du réchauffement climatique, les incendies sont de plus en plus fréquents et de plus en plus dévastateurs. Lecornu passe sous silence le nombre insuffisant de Canadair ou de moyens pourtant réclamés depuis longtemps par les pompiers,

« Grâce à l’engagement exceptionnel de nos sapeurs-pompiers, des forces de sécurité, des militaires, des soignants, des élus, des agents de l’État et des collectivités, nous avons fait face », a-t-il déclaré dans le même interview. L’utilisation de ce « nous » suggère que c’est l’unité à laquelle Macron avait appelé fin juillet « pour gagner la bataille contre les incendies » qui aurait finalement permis de surmonter l’adversité. Il s’agit à la fois de faire taire les critiques sur la façon dont le gouvernement et les autorités ont agi, et de s’attribuer en quelque sorte les mérites de ce qui a, en revanche, fonctionné. Car c’est bien l’engagement de la population qui a permis « de faire face » et de pallier les défaillances de l’État. « C’est formidable ce qu’ils font, […] parce que nous, sur le terrain, on ne peut rien faire sans eux. […] Il y aurait eu bien plus d’hectares de perdus sans leur mobilisation » ont déclaré des pompiers au plus fort de l’incendie en Gironde à propos des habitants venus leur prêter main-forte. S’ils étaient en première ligne et ont fait preuve d’un grand dévouement, ils ont eu en effet l’appui de dizaines de milliers de volontaires.

La solidarité s’est rapidement mise en place. Beaucoup de bénévoles ont organisé et coordonné l’alimentation en eau, en nourriture, l’évacuation ou l’hébergement des sinistrés. De fait, face à une crise de ce genre, les travailleurs savent mettre rapidement en commun leurs compétences et les moyens dont ils disposent. Mais lorsque les Macron, Lecornu et consorts saisissent l’occasion pour célébrer « l’unité » du pays et balayer les critiques qui les visent, ils ne manquent pas d’air ; cette mobilisation de la population, au contraire, met en relief leurs carences.

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