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Leur société
Intérêts de la dette : par ici la monnaie !
Depuis le début de l’année, l’État a dépensé 34,5 milliards d’euros en intérêts de la dette, environ 5 milliards de plus que durant le premier semestre 2025, en hausse de près de 19 % en un an.

Cette charge va encore s’alourdir dans les mois à venir : à la fin de 2026, l’État devrait avoir consacré autour de 60 milliards d’euros au paiement des intérêts de sa dette, soit presque autant que les crédits alloués cette année à l’enseignement scolaire (hors paiement des pensions de retraite).
Comme tous les États, la France emprunte en permanence sur les marchés financiers, auprès de banques, de compagnies d’assurances, de fonds d’investissement, de fonds de pensions et d’autres investisseurs. Le cumul de ces emprunts depuis des décennies a alimenté une dette colossale, en fait impossible à solder, qui atteignait fin mars 3 536 milliards d’euros, l’équivalent d’environ 1,2 fois la richesse produite par le pays en une année entière. Une grande partie des nouveaux emprunts sert donc simplement à rembourser les titres de dette arrivant à échéance. Par exemple, cette année, 176 milliards d’euros de dette à moyen et long terme arrivent à échéance ; pour les rembourser et financer son nouveau déficit prévisionnel d’environ 125 milliards d’euros, l’État prévoit de lever un peu plus de 300 milliards sur les marchés.
Or, ces emprunts se font actuellement à des taux particulièrement favorables aux créanciers : les conséquences économiques de la guerre au Moyen- Orient et les incertitudes commerciales et financières ont fait remonter les taux d’intérêt. Des emprunts anciens, contractés à des taux faibles il y a plusieurs années, arrivent à échéance et doivent être remplacés par de nouveaux emprunts à 3 ou 4 %. En effet, plus les prêteurs considèrent que les risques augmentent, plus ils exigent un profit élevé pour avancer leurs capitaux. Les États se retrouvent ainsi sous la pression permanente des marchés financiers, dont ils dépendent pour refinancer leur dette.
Des dizaines de milliards d’euros du budget public, c’est-à-dire des impôts prélevés sur le travail et les achats de tout un chacun, sont ainsi versés chaque année sous forme d’intérêts à de grands groupes financiers. Et la nécessité de réduire la dette est ensuite brandie par les responsables politiques pour imposer des restrictions sur les dépenses utiles à la population, écoles, hôpitaux, infrastructures de transport, etc. C’est ainsi que le parasitisme d’une poignée prospère grâce aux sacrifices imposés aux classes populaires.