Iran : le nouveau bourbier des États-Unis29/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3026-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-29

Dans le monde

Iran : le nouveau bourbier des États-Unis

Le 24 juillet, les bombardements américains sur l’Iran ont cessé. Pour combien de temps, l’avenir le dira. Ce n’est pas le premier retournement de Trump depuis le début d’une guerre qu’il a lui-même déclenchée.

Après avoir bombardé l’Iran et menacé de rayer ce pays de la carte le 28 février, signé un accord ouvrant des discussions avec le régime le 17 juin, puis repris les bombardements dix jours plus tard, Trump déclare à nouveau que les États-Unis mènent avec celui-ci « des discussions très approfondies ».

Cette énième volte-face alimente bien des hypothèses. Le chef d’état-major, Dan Caine, aurait soulevé lors d’une réunion le 24 juillet le risque que les stocks de munitions, notamment de missiles Patriot, soient insuffisants en cas de prolongation de la guerre. Trump a démenti, martelant qu’il n’y a aucun problème de ce côté. Mais cette réunion aurait aussi évoqué le risque d’une escalade régionale. Les pays du Golfe sont en effet depuis le début de la guerre régulièrement visés par l’Iran, qui riposte aux bombardements en attaquant les bases militaires américaines qui y sont installées. Les conséquences économiques commencent à se faire sentir. En réponse à l’attaque le 17 juillet d’une installation de dessalement d’eau dans la province d’Hormozgan dans le sud de l’Iran, l’armée iranienne a, par exemple, visé une infrastructure de dessalement et de production d’électricité au Koweït. La Jordanie a également été visée mi-juillet par l’Iran.

La guerre entre l’Arabie saoudite et les Houthis alliés de l’Iran, qui avait pris fin en 2022, est aussi en train de reprendre. Celle-ci avait été déclenchée en 2015 par le régime saoudien contre les Houthis au pouvoir au nord-ouest du Yémen. Aux bombardements de l’armée saoudienne sur certaines de leurs positions, les Houthis ont répliqué en s’attaquant aux installations pétrolières saoudiennes et au principal port pétrolier saoudien sur la mer Rouge, Yanbu. Et ils menacent d’imposer un blocus aux pétroliers saoudiens voulant franchir le détroit de Bab-el-Mandeb qui relie la mer Rouge à l’océan Indien, essentiel pour l’exportation du pétrole en alternative au trajet par le détroit d’Ormuz. Deux pétroliers saoudiens ont été touchés par des missiles tirés par les Houthis le 23 juillet. D’après le média Afric Telegraph, les chargements de pétrole brut à Yanbu auraient chuté de 40 %.

Les États-Unis n’ont pas réussi à mettre le régime iranien à genoux malgré le déluge de bombes sur les installations militaires qui, il ne faut pas l’oublier, font aussi beaucoup de victimes parmi la population. Ils ont en revanche semé un peu plus le chaos dans la région, aggravant au passage la crise économique mondiale du fait du blocage du détroit d’Ormuz. Les dirigeants impérialistes ont ainsi mis une nouvelle fois le pied dans un bourbier, comme au Vietnam il y a cinquante ans, et en Afghanistan en 2021. C’est une situation qui ne peut que se prolonger et que les populations, iranienne mais pas seulement, n’ont pas fini de payer.

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