Iran : La population paye la guerre29/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3026-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-29

Dans le monde

Iran : La population paye la guerre

Les frappes américaines sur l’Iran ont repris le 7 juillet, en particulier sur le sud du pays, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Même si les frappes ont cessé le 25 juillet, la population continue de vivre sous la menace permanente d’une reprise des bombardements.

Le pétrolier coulé par une mine dans le détroit d’Ormuz ou l’attaque ukrainienne contre un navire iranien dans la mer Caspienne pourraient être l’occasion d’une reprise des hostilités, et l’engrenage guerrier pourrait de nouveau s’enclencher. Officiellement, il s’agirait à nouveau de cibles militaires mais, comme précédemment, elles ont touché de nombreuses infrastructures civiles : des gares ferroviaires, des ponts, des usines. Elles ont conduit à l’évacuation d’un hôpital pédiatrique près d’Ahvaz et à la mise à l’arrêt d’usines de dessalement d’eau. À la raffinerie pétrolière de Bandar Abbas, deux ingénieurs et un chauffeur ont été tués. Les frappes mènent aussi à des coupures d’eau et d’électricité.

Les températures, qui dépassent les 50oC, ont conduit à la fermeture des administrations et à la généralisation du télétravail mais pour les ouvriers, quand ils n’ont pas été licenciés, le travail continue dans la fournaise. L’inflation continue de s’envoler, et les importations bloquées laissent craindre une pénurie de matières premières agricoles, ce qui devrait conduire à encore augmenter les prix de l’alimentation.

En plus des bombes, de la canicule et de l’inflation, il faut compter avec la répression du régime. Des cafés de Téhéran seraient menacés de fermeture sous prétexte d’avoir accueilli des femmes non voilées. À Khaziriat, dans le sud-ouest du pays, un rassemblement de jeunes chômeurs a donné lieu à des charges policières et à des arrestations. Enfin, les exécutions continuent, en particulier celles de manifestants du mouvement de janvier, parfois très jeunes. Mardi 28 juillet, l’exécution publique de deux d’entre eux à Ispahan a donné lieu à un rassemblement, dispersé par la police, qui a tiré.

Tout cela ne suffit pas à faire taire la contestation. Dans certaines prisons, des grèves de la faim dénoncent les pendaisons. Des grèves éclatent pour les salaires. Dans le nord du pays, des grévistes de l’usine Tchouka (compagnie des industries du bois et du papier d’Iran) ont vigoureusement chassé leur PDG lors d’une protestation sur les salaires.

La guerre est bien sûr l’occasion de tenter de souder les exploités derrière leurs exploiteurs, de renforcer l’autoritarisme et la répression sur la population, en Iran.

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