Iran : Trump et Khamenei, ennemis et complices04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Iran : Trump et Khamenei, ennemis et complices

Après avoir promis aux Iraniens une aide s’ils manifestaient, puis détourné le regard pendant que les pasdarans massacraient les manifestants, Trump a déployé une armada pour obliger le régime à négocier un accord sur le nucléaire.

Après un concours de propos belliqueux, Trump menaçant de bombarder l’Iran, l’ayatollah Khamenei promettant de riposter par une guerre régionale, le président iranien Pezechkian a autorisé l’ouverture de négociations, qui pourraient démarrer en Turquie. Le cynisme de Trump, représentant en chef des puissances impérialistes, est sans limite.

Ce qui le gêne n’est pas le fait que les dirigeants de la république islamique ont provoqué un bain de sang pour mater une révolte populaire qui menaçait leur pouvoir, et continuent de traquer tous ceux, en particulier les médecins, qui ont aidé les blessés à échapper à leurs bourreaux. Ce n’est pas non plus que ce régime est une féroce dictature, anti-ouvrière et réactionnaire, qui permet aux familles bourgeoises iraniennes de s’enrichir en vendant les ressources pétrolières du pays, en plaçant leur fortune à l’étranger, en exploitant les travailleurs et en laissant les classes populaires dans le dénuement.

Ce que Trump reproche à ce régime, c’est de vendre son pétrole à la Chine et d’entretenir des relations avec la Russie malgré l’embargo décrété par les États-Unis. C’est d’armer le Hezbollah libanais ou les Houthis du Yémen, de développer un arsenal militaire et de vouloir se doter de l’arme nucléaire en refusant de se soumettre aux États-Unis. Au Moyen-Orient comme en Amérique latine, en Iran comme au Venezuela, les dirigeants américains veulent des régimes à genoux devant leurs exigences.

Il faut rappeler que c’est Trump lui-même, lors de son premier mandat, qui a déchiré l’accord signé en 2015 entre l’Iran, les États-Unis et l’Union européenne, qui imposait un contrôle international sur les installations nucléaires en échange d’une levée de l’embargo. Trump avait estimé que cet accord n’était pas assez contraignant. Et les dirigeants européens lui ont emboîté le pas, réactivant eux-aussi les sanctions économiques qui étranglent la population.

Aujourd’hui le régime est affaibli : il l’est à l’extérieur, suite aux coups portés au Hezbollah et au Hamas par l’armée israélienne, à la chute de Bachar al-Assad en Syrie, aux bombardements israélo-américains, sur Téhéran et les sites nucléaires en juin ; il l’est aussi à l’intérieur, avec la grave crise économique qui a été le déclencheur de la dernière révolte et la haine profonde que suscitent des dirigeants qui dégoulinent du sang de leur propre population. Si Trump accentue la pression, ce n’est pas pour venir au secours de celle-ci, mais pour obtenir la soumission des dirigeants iraniens. Cette pression ira-t-elle jusqu’à provoquer une crise du régime, voire son effondrement ? Quelle que soit la réponse, pour le peuple iranien, toute intervention militaire américaine ajoutera des morts aux morts et toute « solution » apportée par l’impérialisme ne pourrait aboutir qu’à remplacer une dictature par une autre.

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