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- Lutte ouvrière n°3026
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Dans le monde
Italie : des policiers assassins
“Rien ne peut justifier la violence contre les forces de l’ordre”. Tel a été le premier commentaire de la présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni, deux jours après la mort d’Abderrahim Fakir, le 19 juillet à Bologne, suite à son interpellation par la police.
La violence était pourtant ce jour-là clairement le fait des policiers. Il était midi quand cet homme d’origine marocaine âgé de 43 ans, vivant en Italie depuis plus de trente ans et en situation régulière, a été interpellé car étant visiblement en état de confusion, peut-être drogué. Toutes les vidéos filmées à cette occasion montrent deux policiers plaquant l’homme au sol après l’avoir menotté, l’y maintenant fermement malgré ses cris demandant qu’on le laisse respirer. La scène rappelle les circonstances de la mort de George Floyd en 2020 aux États-Unis, dont l’asphyxie sous le poids d’un policier avait entraîné une vague de manifestations affirmant « black lives matter » (les vies des Noirs comptent). De plus, les vidéos montrent quatre membres de la Croix-Rouge ainsi que des témoins, présents mais se gardant d’intervenir contre les policiers.
Dès le lendemain, des centaines de personnes ont participé à une manifestation de protestation à Bologne à l’appel du maire de la ville, à la suite de laquelle quelques projectiles ont visé les policiers. C’est donc en fait de cette violence «contre les forces de l’ordre» qu’a voulu parler Meloni, appuyée par son ministre de l’Intérieur et se contentant de dire qu’en outre il faudra faire la lumière sur les circonstances du drame, pourtant déjà assez claires.
Quelles que soient les suites, on voit déjà que des policiers italiens peuvent se conduire de façon tout aussi barbare que leurs collègues américains et tuer un homme au cours d’une simple interpellation, tout en étant assurés de la solidarité de leur gouvernement !