Lait infantile contaminé : alertez les bébés !28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Lait infantile contaminé : alertez les bébés !

Après Nestlé (Guigoz, Nidal), c’est maintenant au tour de Danone (Dumex, Blédilait), Lactalis (Picot) et Vitagermine (Babybio) d’être suspectés d’un nouveau scandale sanitaire dans le lait en poudre pour bébés.

En effet, une toxine, la céréulide, présente dans ce lait, serait à l’origine de graves intoxications et de la mort de deux nourrissons en France début janvier.

Cette contamination concerne désormais plus de 50 pays dans le monde. Les dirigeants de ces grands groupes pleurent, disant qu’ils ont fait le maximum pour retirer massivement et rapidement les lots infectés dès qu’ils ont connu le problème. C’est complètement faux : d’après la cellule investigation de Radio France, il s’est passé onze jours entre la détection de lots contaminés de lait Guigoz et leur rappel, et cinq jours pour le lait Picot du trust Lactalis. En plus, profit oblige, « Nestlé a effectué les rappels au compte-gouttes, et même des “retraits silencieux” dans certains pays, sans informer les consommateurs », selon l’association Foodwatch.

Ce scandale souligne aussi que l’État n’a jamais voulu mettre en place un dispositif sanitaire et une réglementation dignes de ce nom, Comme d’habitude, il laisse les capitalistes de l’agroalimentaire faire des profits sans avoir à rendre le moindre compte. La céréulide est pourtant une toxine dangereuse. Elle est susceptible de provoquer des nausées, des vomissements et des complications pouvant aller jusqu’à la mort. Selon Santé publique France, la bactérie responsable de la céréulide est à l’origine d’un quart des toxi-infections alimentaires collectives en France.

Toujours selon Radio France, personne ne connaît la quantité réelle de toxine qui aurait été ingérée par des nourrissons depuis des mois car les tests réalisés jusqu’à présent l’ont été par les seuls industriels et sans aucun contrôle de l’État, et ils portent uniquement sur la poudre de lait. Or la toxine ne se libère que lors du contact de la poudre avec l’eau, permettant alors seulement d’en mesurer la dose réelle.

De plus, un seul laboratoire public en France est capable de détecter cette toxine dans les échantillons de lait en poudre destinés à des enfants pour lesquels des familles ont constaté des symptômes, et celles-ci ne peuvent le saisir directement. Pire encore, aucun centre national n’est en mesure de repérer cette toxine dans les selles humaines, ce qui rend difficile d’établir le lien biologique entre la consommation du produit et une pathologie. Cela arrange bien les trusts de l’agroalimentaire, qui peuvent tranquillement prétendre qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve que la cause du décès des nourrissons soit le lait qu’ils ont ingéré.

Le vrai poison, pas seulement pour les nourrissons, est le capitalisme assoiffé de profit.

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