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- Lutte ouvrière n°3020
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Dans le monde
Nos lecteurs écrivent : Espagne : habemus progressistum papam
La semaine du 8 juin, à Madrid, a été une sorte de fête médiévale marquée par la visite du pape et les multiples cérémonies en compagnie du roi. Il n’est pas sûr que le spectacle valait la peine de dépenser autant et de bloquer la ville pendant trois jours…
Le plus curieux est qu’il semblerait que le pape soit devenu la figure de référence du progressisme mondial. Il faut vraiment que le monde soit décomposé, et aussi que les travailleurs manquent de véritables références, pour qu’un homme à la tête d’une organisation vieille de 2 000 ans, remplie d’agresseurs d’enfants, de militants opposés au divorce, à l’avortement et à l’homosexualité puisse être présenté comme un héros progressiste !
L’Église a toujours été du côté des puissants et les travailleurs espagnols l’ont souvent payé. Impossible d’oublier qu’elle s’est toujours alliée aux industriels et aux grands propriétaires et qu’elle a constitué l’un des piliers de la dictature franquiste. Les curés aiment les pauvres, certes, mais ils les veulent soumis et silencieux ; ils n’aiment pas le pauvre qui se révolte contre sa misère.
Il est compréhensible que, dans un monde plongé dans la guerre et les chasses racistes comme celles qui se déroulent actuellement à Belfast, toute déclaration humanitaire ou de solidarité puisse apporter un certain réconfort. Mais, venant de l’Église, cela ne peut être qu’hypocrisie.