Logement : priorité au bluff28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Logement : priorité au bluff

Flanqué de cinq autres ministres, Lecornu s’est rendu le 23 janvier sur un chantier de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour annoncer triomphalement la construction de deux millions de logements… d’ici 2030.

Ce plan présenté comme ambitieux s’étalera sur cinq ans. Autrement dit, il s’agit de construire 400 000 logements par an, un nombre qui avait été atteint avant l’effondrement de la construction ces dernières années. Jusqu’en 2022, le nombre de logements neufs oscillait entre 330 000 et 430 000 par an. Mais, pour la plupart, leurs loyers étaient inabordables au plus grand nombre, dans le secteur privé comme dans une large part des HLM, car les deux tiers des logements nouveaux y étaient proposés avec des loyers « haut de gamme ».

Les promesses du Premier ministre n’ont donc rien de mirobolant, et leur réalisation est soumise aux lois, imprévisibles, du marché capitaliste. En effet, l’État a cessé de financer la construction depuis 2019, même s’il existe encore un fonds national d’aide à la pierre. En état de survie, celui-ci est entièrement à la charge des organismes d’HLM.

La seule promesse qui ne relève pas du bluff a été celle faite aux promoteurs immobiliers de rétablir, d’ici quelques semaines, l’avantage fiscal aux ménages qui, disposant déjà d’un logement, en achètent d’autres pour les mettre en location. Cet avantage fiscal avait été supprimé fin 2024 car il coûtait trop cher au Budget. Mais, contrairement à la population qui subit la crise du logement, les promoteurs trouvent des oreilles complaisantes au sein de l’État.

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