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Leur société
Loi Ripost : un pot-pourri
Lundi 18 mai, le Sénat a commencé l’étude du projet de loi Ripost (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité).

Proposé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le projet reprend et aggrave ce qui était déjà prévu par une loi votée en avril.
Plusieurs dispositions ont déjà été adoptées par les sénateurs, majoritairement de droite ou du centre, concernant les free-parties : elles ne pourraient réunir que 250 personnes, au lieu de 500 actuellement, les organisateurs pourraient être sanctionnés de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende et les participants de 7 500 euros d’amende, cinq fois plus qu’actuellement, assortis d’une peine de prison (six mois) qui n’existait pas jusqu’à présent.
Véritable fourre-tout, ce projet de loi s’attaque, pêle-mêle, aux « dérives festives », à la consommation de stupéfiants et de protoxyde d’azote, aux rodéos, à la criminalité organisée, et aux « occupants illégaux de squats ou de meublés de tourisme » considérés comme des perturbateurs de la tranquillité publique. Il aggrave les peines et prône la multiplication des AFD, ces amendes forfaitaires délictuelles, un paiement « plébiscité par les forces de sécurité intérieure », selon Nuñez. Les forces en question devraient d’ailleurs, dans ce projet, être dotées de moyens technologiques et juridiques plus importants, entre autres de facilités pour perquisitionner « y compris les domiciles, en cas de crainte de troubles graves à l’ordre public » , une possibilité déjà prévue à Mayotte.
« Durcir les sanctions et les systématiser » : tel est le projet de Nuñez qui ne veut pas être en reste avec Retailleau, son prédécesseur à l’Intérieur. La volonté de concurrencer le RN et de flatter les idées d’extrême droite y est bien présente.