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- Lutte ouvrière n°3018
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Leur société
Lycée Germaine-Tillion – Montbéliard : une semaine de grève
Cela faisait plusieurs mois que le mécontentement grandissait au lycée Germaine-Tillion de Montbéliard dans le Doubs, avant qu’il ne se manifeste massivement vendredi 22 mai.
Que l’on soit lycéen, professeur ou agent d’entretien, tout le monde constatait que quelque chose ne tournait pas rond : insalubrité des lieux, rats dans l’établissement, moisissures sur les murs, morceaux de plafond s’effondrant dans le hall, fenêtre tombée sur une professeure, pannes d’ascenseur, toilettes bouchées, bac blanc annoncé la veille pour le lendemain… Mais c’est l’interdiction du hall central et du foyer aux lycéens, à la suite d’un craquage de fumigène, qui a mis le feu aux poudres. Les élèves ont rapidement créé des groupes sur le réseau Snapchat, fait tourner une pétition et entre 300 et 500 d’entre eux manifestèrent ce vendredi devant le lycée.
La direction, qui habituellement prêche la patience, a immédiatement appelé la police. Un ballon de football tombé sur une voiture de police a servi de prétexte à des tirs de grenades lacrymogènes et à des bordées d’insultes : « Je t’ai dit de la fermer, alors tu fermes ta gueule », « Petit con » et autres propos inqualifiables. L’un des jeunes disant avoir cru mourir s’est entendu répondre : « Tant mieux, ça fera un connard de moins. »
Le mardi suivant, les lycéens se sont à nouveau réunis devant l’établissement, accompagnés de nombreux professeurs en grève. À nouveau, la police est intervenue de manière musclée et cette fois, un professeur a été blessé à la tête par un galet de grenade lacrymogène. Ce recours à la violence n’a pas eu l’effet souhaité et, le lendemain, les enseignants étaient 90 en grève, postés devant le lycée avec les jeunes, partageant café et bonbons dans une ambiance festive, avec en guise de voisins une cinquantaine de CRS qui s’ennuyaient ferme.
La grève a été reconduite en assemblée tous les jours jusqu’au vendredi 29 mai. Tous ceux qui y ont participé ont créé des liens et ressentent une grande fierté. Dans un contexte où l’État et ses différents relais expliquent qu’il n’y a pas d’argent, mais le mettent dans le budget de l’armée, les jeunes et les travailleurs de l’enseignement ne marchent pas au pas.