Mali : la population entre djihadistes et militaires28/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P16-2_Des_rebelles_touaregs_de_la_coalition_du_FLA_%C3%A0_Kidal_le_26_avril_C_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C800%2C450_crop_detail.jpg2026-04-28

Dans le monde

Mali : la population entre djihadistes et militaires

Les groupes armés djihadistes et leurs alliés indépendantistes touaregs ont attaqué pendant le week-end des 25 et 26 avril la capitale, Bamako, et cinq autres villes du Mali.

Illustration - la population entre djihadistes et militaires

Le ministre de la Défense, Sadio Camara, considéré comme le numéro deux du régime, a été tué lors d’un attentat dans sa résidence.

Cette attaque marque une progression sans précédent du principal groupe djihadiste, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. Celui-ci contrôlait déjà de nombreux villages dans le nord et le centre du pays, mais cette fois il s’agit de bien autre chose. Outre la capitale, les villes attaquées, Gao, Sévaré, Mopti, Bourem abritent chacune des dizaines de milliers d’habitants et l’armée malienne s’est avérée bien incapable de les défendre pendant de longues heures. Quant à Kidal, considérée comme la capitale des Touaregs, les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) s’en sont bel et bien emparés, forçant l’armée malienne et ses supplétifs russes de l’Africa Corps, nom de l’ancienne milice Wagner, à s’en retirer piteusement.

Les deux groupes qui ont donné l’assaut ont des objectifs différents. Le GSIM veut instaurer sur tout le Mali, et même au-delà, un califat islamique régi par la charia. Le Front de libération de l’Azawad revendique pour sa part l’indépendance de la vaste zone du nord du pays peuplée de Touaregs. Il se dit laïc et est l’héritier des mouvements qui n’ont cessé de se revendiquer de l’Azawad, le nom donné à cette région. Cela n’empêche pas ces deux groupes, qui furent tantôt rivaux et tantôt alliés, de faire aujourd’hui cause commune pour renverser la junte militaire en place à Bamako et son chef, Assimi Goïta.

Cette lutte entre les gouvernements maliens, les groupes djihadistes et les mouvements indépendantistes se poursuit depuis 2013. Les dirigeants maliens inféodés à la France avaient alors fait appel à son armée pour les sauver. Celle-ci s’est comportée comme une bande armée supplémentaire, indifférente aux maux dont souffrait la population, et n’a pas empêché que le pays plonge dans un chaos grandissant. En 2021, les chefs de l’armée malienne, portés au pouvoir par un coup d’État, ont décidé de changer de protecteur et de s’adresser aux paramilitaires du groupe russe Wagner, sans plus de résultat. Les djihadistes ayant continué à gagner du terrain, ils avaient déjà assez de forces fin 2025 pour soumettre les principales villes du pays à un blocus en attaquant systématiquement les transports de carburant, tuant au besoin les chauffeurs. Dans les villages qu’ils contrôlent, ils font régner la loi islamique la plus stricte, obligeant les instituteurs à s’enfuir, contraignant les femmes à la soumission et assassinant impitoyablement ceux qui leur résistent. Cette terreur est le pendant de celle exercée par l’armée malienne et ses supplétifs russes lorsqu’ils débarquent dans les zones sous influence djihadistes, n’hésitant pas à se livrer aux pires exactions.

La population se retrouve prise entre ces bandes armées, qui sont le résultat de la situation de sous- développement dans lequel l’impérialisme maintient cette région d’Afrique.

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