- Accueil
- Lutte ouvrière n°3013
- Master Poulet : politique de basse-cour
Leur société
Master Poulet : politique de basse-cour
Karim Bouamrane, le maire PS de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, est parti en guerre contre la boutique de restauration rapide Master Poulet, ouverte depuis le 11 avril dans le centre-ville.
Ce maire prétend lutter contre la « malbouffe », tandis que la chaîne spécialisée dans la vente de poulet grillé se vante de nourrir les plus pauvres à bas prix. Mais après que la justice a donné raison à la chaîne de restauration, le maire de Saint-Ouen a dû faire retirer les blocs de béton qu’il avait fait installer devant la boutique. Qu’à cela ne tienne, ces blocs étaient remplacés dès le 26 avril par de gigantesques pots de fleur. De son côté, le roi du poulet multiplie les banderoles, dont les textes vont de « Nous sommes ouverts, n’en déplaise à Karim » à « Master Poulet contre la corruption, à suivre… », accusant à demi-mots le maire d’y céder dans l’attribution des locaux.
Karim Bouamrane met en avant les nuisances sonores et olfactives que le restaurant engendrerait. Dans le camp adverse, Master Poulet se présente comme le « fast-food du peuple », alors que le groupe, qui compte 36 restaurants dans le pays et plus de 50 points de vente en tout, cherche bien sûr d’abord à être rentable.
Le maire justifie sa bataille en expliquant vouloir « protéger la qualité de vie des habitants » et promouvoir une « alimentation de qualité dès le plus jeune âge ». Comme si c’était la prolifération d’enseignes de restauration rapide qui empêchait les familles populaires d’accéder à une alimentation saine, et pas l’état de leurs finances ! Ce combat de coqs n’aura servi qu’à fournir une bonne dose de publicité aux deux combattants.