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Leur société
Mélenchon : un illusionniste en campagne
Jean-Luc Mélenchon a réuni plusieurs milliers de personnes dans le centre de Saint-Denis, dimanche 7 juin, lors de son premier meeting de campagne pour l’élection présidentielle de 2027.
Le meeting, une réussite par l’affluence et son écho médiatique, était une opération pour s’imposer comme seul candidat de la gauche capable de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. Ainsi, en conclusion de son intervention, Mélenchon a lancé : « La primaire est finie ! C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne », pour bien signifier qu’à Saint-Denis, la messe était dite. Et de présenter ainsi le vote pour sa personne comme le vote utile pour faire barrage à l’extrême droite.
Comme les seules troupes de LFI ne suffiront pas, Mélenchon s’est fait rassembleur du « peuple » – mot sans cesse répété – en évoquant même à de multiples reprises les rois de France puisque Saint-Denis est aussi leur nécropole : « Voyez la basilique. Notre pays s’est inventé ici même ! » Sur la question du droit du sol, Mélenchon a même réussi le tour de force d’opposer au RN… le roi François 1er.
Bien sûr, dans la foule rassemblée, beaucoup ont retenu du discours du dirigeant de LFI ses charges contre le racisme, contre l’extrême droite, ces « obsédés de la race », l’appel à la solidarité avec les peuples opprimés et agressés par les États-Unis et Israël. Il a aussi mis en avant quelques promesses, peu nombreuses et somme toute assez limitées. Ainsi, une fois à l’Élysée, Mélenchon s’est engagé à fixer le smic à 1 700 euros net, un niveau vers lequel le salaire minimum se dirige de toute façon et qui restera bien insuffisant pour vivre correctement.
« Un grand changement est à portée de main », s’est exclamé Mélenchon, qui prétend ainsi que des bulletins de vote suffiront à s’opposer à la dégradation des conditions de vie, à la montée vers le pouvoir de l’extrême droite et à la marche à la guerre. Il n’a jamais évoqué le pouvoir des capitalistes auquel se heurte toute mesure remettant en cause leurs intérêts. Alors, comment croire qu’un grand changement soit possible sans s’en prendre à ce pouvoir et sans le renverser ? Pour son premier meeting, le candidat Mélenchon n’a fait que renouveler un de ces tours d’illusionniste dont la gauche réformiste a donné de nombreux exemples.