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Leur société
Meurtre de Crépol : les juges cèdent à l’extrême droite
Les magistrats chargés de l’instruction de l’affaire du meurtre de Thomas Perotto, lors d’un bal à Crépol en novembre 2023, ont retenu le 20 juillet la circonstance aggravante de racisme.
Selon ces juges, des propos tenus lors de l’échauffourée montrent que les faits auraient été commis « en raison de l’appartenance (…) à la race blanche » et « la nation française », reprenant aussi à leur compte des formules utilisées jusque-là par l’extrême droite.
Sur les 104 témoins entendus lors de l’enquête, neuf auraient entendu des propos hostiles « aux Blancs ». Que des jeunes lors d’une bagarre échangent des insultes, et que certaines aient un caractère raciste, ne change rien au fait qu’on ne peut parler d’un « racisme anti-Blanc » en tant que phénomène social comparable au racisme dont sont victimes les Noirs, les immigrés, les étrangers. Jusqu’à preuve du contraire, la ségrégation concernant les emplois et le logement, les contrôles au faciès effectués par les policiers ne concernent pas les Blancs. Il semble bien que cette qualification aggravante de racisme, retenue in extremis alors que l’instruction était close, soit surtout le résultat de la pression de l’extrême droite, qui n’a cessé de se mobiliser depuis la mort du jeune homme à Crépol.
Quelques jours après le meurtre, 80 militants d’ultradroite, armés de battes de baseball et de mortiers, débarquaient à Romans-sur-Isère dans le quartier populaire de la Monnaie, où vivent une partie des jeunes impliqués dans l’affrontement. Ils voulaient en découdre avec les habitants, comme si ceux-ci avaient été collectivement responsables de cette tragédie. Seuls six de ces nervis furent condamnés à des peines légères de prison, dont un militaire chez qui les enquêteurs avaient trouvé un exemplaire de Mein Kampf, et la justice n’avait pas retenu alors la circonstance aggravante de racisme.