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Dans le monde
Mexique : manifestations à l’occasion de la Coupe
La Coupe du monde de football 2026, qui a lieu aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a offert, dans ce dernier pays, l’occasion pour plusieurs mouvements sociaux de s’exprimer.
Parmi ceux qui se sont mobilisés, la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), un important syndicat d’enseignants, a manifesté pendant plusieurs jours quotidiennement dans le centre de la capitale. Le nombre des manifestants a grossi au fil des jours et, le 2 juin, ils ont bloqué une partie de Mexico.
Quand, deux jours avant le début des festivités, des milliers de manifestants ont bloqué le principal accès au stade Azteca de Mexico, la présidente du pays, Claudia Sheinbaum, de centre gauche, a dénoncé une « provocation ». Même s’il n’y a pas eu de répression violente, des milliers de policiers ont été déployés aux abords du stade et des barrières en béton installées pour bloquer les manifestants.
La veille de l’ouverture du Mondial, des manifestants ont envahi le ministère de l’Éducation à Mexico, avant de tenir une réunion publique et de quitter les lieux, laissant le premier match se dérouler sans problème, l’équipe du Mexique battant même son adversaire 2 à 0. Mais la mobilisation continue, les enseignants font grève et manifestent, ayant de bonnes raisons de se mobiliser.
Les enseignants exigent non seulement l’augmentation des salaires mais aussi l’abrogation de la loi sur les retraites. Selon la propagande du gouvernement, les conditions des enseignants sont bonnes, mais il lui est plus difficile d’en dire autant de leurs retraites. Entre 1997 et 2007, les systèmes de retraite par répartition ont été abandonnés au profit de la capitalisation, ce qui a accentué une situation déjà très inégalitaire. Le résultat est que 31 % des retraités ont une pension insuffisante, et que des millions d’autres n’ont rien. À cela, la présidence répond qu’y remédier coûterait trop cher.
D’autres mouvements ont eu lieu à quelques heures du début de la Coupe du monde. Des centaines de manifestants ont dénoncé le fléau des « personnes disparues ». Rassemblés dans le quartier du stade Azteca de Mexico, la plupart étaient des proches ou des membres de la famille de personnes tuées ou enlevées, le plus souvent par les hommes de main des cartels de la drogue.
Une manifestante, à la recherche depuis dix ans de son fils disparu dans la région de Veracruz, a dénoncé : « La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum ne se soucie que du foot. Les disparitions s’enchaînent mais rien n’est fait », à propos de ce qui était un thème de campagne de l’actuelle présidente lors de sa campagne électorale.
Le pouvoir des multiples cartels de la drogue qui se partagent le pays est en soi un important problème mais la question adjacente des disparus est également préoccupante : selon les statistiques officielles, leur nombre serait de 130 000 et le fléau ravage le pays depuis deux décennies.
Les jeux du stade, aussi suivis soient- ils, ne pourront ni le faire pardonner, ni le faire oublier.