Narcotrafic, violences, assassinats : comment faire face ?20/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3016-c.jpg.445x577_q85_box-4%2C0%2C700%2C902_crop_detail.jpg2026-05-20

Leur société

Narcotrafic, violences, assassinats : comment faire face ?

Trois événements tragiques ont récemment rappelé combien le trafic de drogue et les conséquences de la guerre des gangs pèsent sur la vie quotidienne dans bien des quartiers populaires.

Ainsi, le 11 mai, près de Lyon, un incendie criminel a fait trois victimes ; le même jour, une fusillade aveugle, à Nice, a tué deux personnes sans lien aucun avec les trafiquants ; le 14 mai, à Nantes, un garçon de 15 ans est mort sous les balles et deux autres jeunes ont été grièvement blessés.

Les responsables politiques, à commencer par le ministre de l’Intérieur Nuñez, ont évidemment assuré les familles de leur compassion, c’est bien le moins, et le public de leur détermination sans faille, air connu. Les mêmes discours accompagnent depuis des années la progression du trafic, de la guerre entre concurrents et de l’argent qui coule à flots vers les chefs des mafias.

Le trafic de drogue est d’abord une très bonne affaire commerciale, organisée avec les méthodes habituelles du capitalisme, hormis le fait qu’elle est, aujourd’hui, illégale. Mais pour cela aussi, les entrepreneurs savent trouver des spécialistes, depuis les champions de la logistique clandestine, jusqu’à ceux du blanchiment des capitaux, en passant par les tueurs à gage et les petites mains du trafic au pied des tours. Et c’est précisément parce que le trafic est une affaire commerciale, liée par le sommet aux banques, à l’appareil d’État de certains pays, aux services secrets d’autres, comme les États-Unis, à la fortune en général de la classe dominante, que les polices sont en fait impuissantes. Elles ne peuvent pas prendre le mal à la racine car celle-ci est la recherche du profit par tous les moyens.

Nuñez, comme avant lui Retailleau, Darmanin, Sarkozy et tutti quanti jusqu’au RN, ne sait que promettre plus de policiers, de caméras et de répression. Ainsi, des familles dont un des membres a été condamné pour trafic ont été menacées d’expulsion de leur logement social, quand bien même les parents, frères et sœurs étaient parfaitement innocents. Le cas vient d’être relevé à Rennes, une ville qui subit également les fusillades liées au narcotrafic. L’envoi de policiers en nombre, pour une soirée ou quelques jours durant, pèse sur toute la population, particulièrement sur les jeunes et les travailleurs clandestins, et ne fait que déplacer les points de deal. Le durcissement de la répression remplit les prisons où s’éduquent des générations de délinquants, mais n’endigue pas le trafic. La police révèle que les chefs de réseau continuent leurs activités depuis leur cellule et recrutent même des tueurs par téléphone ! En définitive, les mesures répressives serviront contre les travailleurs et la population alors que le trafic continuera de plus belle.

Pour éradiquer les réseaux internationaux, il faudrait en fait éradiquer le capitalisme et faire une révolution sociale. Alors comment sortir de l’impuissance face à ces drames qui pourrissent la vie des quartiers ? Au moins jusqu’à un certain point cela peut dépendre des habitants eux-mêmes. On a déjà vu, ici et là, des résidents, des mères de famille, s’organiser pour libérer les halls d’immeuble et faire en sorte que les dealers s’éloignent. Des bénévoles proposent aux jeunes une autre morale que l’individualisme et le culte du fric que la société bourgeoise leur inculque et mettent en place des activités collectives, culturelles, sportives ou éducatives. Cette organisation ne peut venir que des travailleurs eux-mêmes car l’État ne fera jamais rien pour l’encourager.

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