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Municipales 2026
Nathalie Arthaud : “Des idées pour dynamiter le capitalisme !”

Nous n’avons qu’un seul programme : défendre auprès des travailleurs une politique pour renverser le capitalisme, parce que même en repeignant nos villes en rose ou en vert, ce n’est pas dans cette société-là que nous voulons vivre !
Notre sort et celui de nos enfants est suspendu aux affrontements capitalistes qui s’intensifient et mènent à de plus en plus de tensions, de massacres et de guerres. Il faut que cela change, et il faut une politique pour cela !
On ne peut pas se recroqueviller sur sa ville, sur l’action locale ou individuelle. Nous reculons précisément parce que nous ne nous battons plus sur l’organisation générale de la société. Nous reculons parce que nous nous résignons au capitalisme. Parce que nous laissons le pouvoir entre les mains de dirigeants cupides et belliqueux dont Trump est un spécimen particulièrement répugnant, mais dont Arnault, Mulliez, Bolloré… en sont d’autres.
Nos villes connaîtront peut-être demain le sort de Kiev ou de Gaza. Les lycées servent déjà de bases de recrutement pour l’armée. France travail, anciennement Pôle emploi, a dédié tout un service appelé Force spéciale de défense, dirigé par un général, pour aiguiller les chômeurs vers l’industrie de l’armement. Des usines automobiles prévoient de fabriquer des drones kamikazes.
Qu’est-ce que l’on entend aujourd’hui de la part de tous les partis politiques, de tous ceux censés faire l’opinion publique ? Qu’il faut arrêter d’être naïf. Que l’Europe s’est trompée en confiant sa sécurité aux Américains. Qu’il faut s’armer, augmenter les budgets militaires, même si la dette augmente. Qu’il faut construire une armée européenne, rétablir le service militaire, envoyer nos soldats en Ukraine. C’est- à-dire, comme l’a dit le général Mandon, être prêt à sacrifier nos enfants dans une nouvelle guerre.
Guerres entre rapaces
Le bourrage de crâne est quotidien. On nous rabâche en boucle les grands principes, le droit international, le respect et la souveraineté des nations… Que de grands mots et que de mensonges !
On assiste en réalité à la lutte la plus classique, la plus cynique entre rapaces capitalistes. L’enjeu des affrontements actuels n’est pas la défense nationale. C’est de savoir qui mettra la main sur les richesses du Groenland ; qui aura accès aux terres fertiles et au marché de la reconstruction en Ukraine ; qui contrôlera les minerais du Kivu en RDC ; qui exploitera le pétrole du Venezuela…
Et il faudrait que nous, nous prenions parti pour les uns ou pour les autres ? Il faudrait que nous nous battions pour que le Groenland, au lieu d’être contrôlé par le capital américain, le soit par le grand capital européen ?
Il faudrait que l’on défende l’impérialisme français contre l’impérialisme américain ? C’est-à-dire aider nos exploiteurs à exploiter d’autres contrées et d’autres peuples ? Ce n’est dans l’intérêt d’aucun travailleur.
Les capitalistes français ont eu la main sur le nickel de la Nouvelle-Calédonie, sur l’uranium du Niger ou sur le cacao de la Côte d’Ivoire. Cela n’a rien rapporté ni aux Kanaks, ni aux Nigériens ou aux Ivoiriens. Les travailleurs d’ici y ont surtout gagné d’aller se faire tuer dans de sales guerres coloniales comme celles d’Indochine et d’Algérie.
C’est toujours la même histoire. On nous parle des intérêts de la France et on nous met dans la tête que dès lors qu’on a les mêmes papiers d’identité, on forme une communauté d’intérêt. En sport, il faut forcément supporter les champions nationaux. Et en économie il faut soutenir et être fiers de nos prétendus « fleurons français ». Alors qu’il ne s’agit QUE des intérêts de la bourgeoisie ! QUE des intérêts de Bolloré, d’Arnault, de Dassault, de Michelin ou de Peugeot !
Une société sans patron est possible
La bourgeoisie française prospère plus que jamais. En France, d’après le recensement de la revue Challenges qui mesure les fortunes en y intégrant le patrimoine professionnel, les milliardaires étaient 39 en 2017. Ils sont aujourd’hui 145. Qu’est-ce que cela change pour nous ? Ça ruisselle ? Ça les empêche de licencier à tour de bras et de payer des millions de travailleurs au lance-pierre ?
Les travailleurs n’ont pas d’intérêt commun avec les capitalistes, ni en matière de politique intérieure, ni en matière de politique extérieure.
En appeler à l’unité nationale ou à la souveraineté française, c’est appeler les exploités à faire l’unité derrière la France bourgeoise, derrière nos exploiteurs, derrière nos licencieurs, derrière tous nos petits Trump, qui pullulent dans les hiérarchies des entreprises.
Union des exploités
Le « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » qui termine le Manifeste Communiste de Marx et Engels n’était pas là pour la décoration. C’était une politique, l’idée de base sur laquelle s’est construit le mouvement socialiste naissant : la nécessaire union des exploités de tous les pays, pour renverser le système capitaliste et construire à sa place une société plus juste, plus fraternelle de libres producteurs. À l’unité nationale, il faut opposer le camp des travailleurs et la lutte de classe. Au nationalisme, il faut opposer l’internationalisme des travailleurs qui changeront le monde.
Au-delà du vote, nos discussions, notre langage de classe laisseront des traces dans les esprits. Nous sommes les seuls à dire que l’on devrait travailler seulement quelques heures par jour ; à dire qu’une société sans patron est possible ; à dire qu’un monde sans frontières est l’avenir de l’humanité.
Ces idées, camarades, sont de la dynamite et pendant qu’ils préparent leur guerre, il faut la diffuser abondamment !
Nous nous portons candidats aux élections municipales, pour qu’un jour, toute notre classe se porte candidate à la direction de la société et montre qu’il y a un chemin pour un monde sans exploitation, sans la recherche du profit et de la concurrence et sans guerre.