Nigeria : la police rase les bidonvilles28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Nigeria : la police rase les bidonvilles

À Lagos, la capitale économique du Nigeria, les autorités ont entrepris la destruction du bidonville de Makoko, situé en bordure de la lagune et où vivent près de 300 000 personnes, en grande partie des pécheurs.

Le 16 janvier, les bulldozers sont arrivés, escortés par la police qui aspergeait de gaz lacrymogène les habitants. Ceux-ci n’ont eu que le temps de s’enfuir en emportant ce qu’ils pouvaient de leurs maigres biens. Certains n’en ont même pas eu la possibilité et cinq personnes ont été tuées. Lors de l’opération précédente, le 21 décembre, les habitants, entendant les grondements des bulldozers qui avançaient dans la nuit, avaient d’abord cru au bruit d’un générateur géant. Ce n’est qu’à l’aube qu’ils avaient tout compris en voyant la colonne d’engins de terrassement se diriger vers leurs habitations pour tout détruire, logements, écoles, lieux de culte. Seuls subsistaient après leur départ des morceaux de bois flottant sur la lagune

Pour justifier cette opération, les autorités se cachent derrière des prétextes humanitaires. Une ligne à haute tension bordant la lagune mettrait en danger la vie des habitants de Makoko. Ce sont les excuses habituelles dans toute l’Afrique quand il s’agit d’habiller de façon présentable ces « déguerpissements ». Ici c’est le risque d’éboulement de collines de boue, ailleurs celui d’inondations. Les pauvres s’installent bien sûr là où ils peuvent, et comme le disait une habitante de Makoko : « On nous dit de partir, on ne nous dit pas où aller. » En fait, ces opérations et la brutalité inouïe qui les accompagne n’ont que des raisons financières. La mairie de Lagos veut livrer cette zone à des promoteurs immobiliers qui la transformeront en un quartier résidentiel moderne, où les loyers seront hors de prix.

Peuplée de 22 millions d’habitants, Lagos est la plus grande ville d’Afrique subsaharienne. Des fortunes insolentes comme celle d’Aliko Denkote, l’homme le plus riche du continent, y côtoient la misère des bidonvilles.

Le Nigeria tout entier est pillé par les grands trusts internationaux, pétroliers notamment. La misère sans fond de ses habitants et la violence qu’ils subissent de la part d’une administration et d’une police corrompues jusqu’à la moelle en sont la conséquence.

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