- Accueil
- Lutte ouvrière n°3019
- Nouvelle-Calédonie : des indépendantistes incarcérés pour rien
Leur société
Nouvelle-Calédonie : des indépendantistes incarcérés pour rien
Deux ans après leur incarcération pour participation au mouvement indépendantiste de mai 2024, quatorze militants du FLNKS, dont Christian Tein son président, viennent de voir abandonnées par les juges d’instruction toutes les charges retenues contre eux.
Ces militants avaient activement participé aux grandes manifestations de 2024 dans lesquelles les Kanaks s’opposaient à l’élargissement du corps électoral local, une mesure au détriment du FNLKS, réclamée par les politiciens colonialistes de Nouvelle- Calédonie et par le gouvernement de Gabriel Attal et d’Emmanuel Macron à Paris. Ils s’étaient regroupés dans une Cellule de coordination des actions de terrain, liée au FLNKS, avant que la jeunesse kanak et océanienne laisse exploser sa colère lors de nombreux barrages en mai 2024.
Les autorités françaises qui, par leur politique, avaient mis de l’huile sur le feu, avaient décidé de rendre ces militants responsables des destructions et de la mort de douze Kanaks, d’un Caldoche et de deux gendarmes. Ils avaient été rapidement arrêtés en juin 2024 et déportés dans diverses prisons de métropole, isolés à 17 000 kilomètres de chez eux.
Peu importaient les invraisemblances de l’accusation et les outrances de leurs adversaires, comme l’ex-secrétaire d’État de Macron, Sonia Backès, qui accusait Christian Tein d’être le « chef des terroristes ». Il s’agissait de faire croire que les manifestations de mai 2024 résultaient d’un complot et que, sans ces dirigeants, la population kanak et océanienne se serait résignée bien tranquillement à être minoritaire dans ses propres îles. C’est ainsi que quatorze militants ont été détenus pendant un an, puis empêchés de rentrer en Nouvelle- Calédonie pendant six mois supplémentaires, mis à l’écart de leur combat indépendantiste jusqu’en décembre 2025. Dans leur cas, la présomption d’innocence avait pris de longues vacances.
L’épreuve judiciaire pour démontrer leur innocence n’est pas terminée, puisque le parquet de Paris, agissant forcément sur ordre du ministère, a fait appel dans le but de relancer les poursuites abandonnées par les juges d’instruction. La justice coloniale est donc loin d’être morte.