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Paris-Clermont, un naufrage programmé
Le 15 juin, le train Intercités Paris-Clermont est arrivé à destination avec huit heures de retard.
Peu avant Gien, dans le Loiret, la locomotive est tombée en panne. La tentative de dépannage à distance ayant échoué, il a fallu acheminer une locomotive de remplacement. Comme à chaque épisode similaire, les batteries de bord sont vite épuisées et les rames privées de climatisation en été, ou de chauffage en hiver, deviennent un enfer pour les voyageurs. Il a donc fallu évacuer les passagers de tous âges, et les faire marcher à travers champs jusqu’à un restaurateur local avant qu’ils ne retrouvent leurs rames.
Cette liaison fait partie, avec Lyon-Nantes et Paris-Bordeaux, du trio des lignes les plus sinistrées, cumulant retards ou annulations. Elles sont équipées de trains Corail vieux d’un demi-siècle.
Les climatisations tombent en panne dès que les températures montent, et en cas de forte chaleur la SNCF supprime carrément les trains. Elle vient ainsi d’annoncer un «stop circulation» sur Paris- Clermont pour plusieurs trains à partir du 19 juin en raison de la canicule annoncée.
L’arrivée des nouvelles rames, baptisées Oxygène, a été programmée au compte-gouttes et avec des décennies de retard. Sans cesse reculée, elle devrait s’étaler entre fin 2027 et 2029. D’ici là, encore plus que les rames, ce sont les voyageurs qui seront à bout de souffle.