Pays de la Loire, la direction recule18/02/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/02/P14-2_La_Poste_Pays_de_la_Loire_En_f%C3%A9vrier_dans_la_r%C3%A9gion_de_NAntes_C_Infos_Medias.jpg.420x236_q85_box-0%2C46%2C760%2C473_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Pays de la Loire, la direction recule

À la suite des intempéries des 6 et 7 janvier, la direction régionale de La Poste (la DEX) a voulu imposer à tous les postiers des Pays de la Loire une récupération des heures non travaillées, par le biais d’une note de service appelée « heures perdues ».

Illustration - Pays de la Loire, la direction recule

La nouvelle est très mal passée, car c’est La Poste qui avait imposé la fermeture des centres et les salariés n’étaient pour rien dans les chutes de neige et les plaques de verglas... Au même moment, la nouvelle PDG se faisait voter une prime de départ de 450 000 euros, et même de 900 000 en cas de départ anticipé. L’argent ne manque donc pas dans les caisses de La Poste !

Soucieux des usagers, de nombreux facteurs ont fait des heures supplémentaires à la reprise, pour remettre le courrier et les colis le plus vite possible. Avec sa notice, la direction souhaitait évidemment éviter d’avoir à les payer en heures supplémentaires, et elle prétendait s’appuyer sur le code du travail, rarement favorable aux travailleurs. Fort heureusement, son projet n’est pas passé... comme une lettre à la poste !

Une pétition initiée par des militants de la CGT a vite recueilli des dizaines de signatures par département, tandis qu’entre postiers, on commençait à parler de débrayage, voire de grève. Après s’être entêtée dans un projet de rattrapage des « heures perdues » qui avait tout de l’usine à gaz, la DEX a fini par faire savoir, lors d’une seconde réunion du CSE (Comité social et économique) sur le sujet, qu’elle y renonçait. La direction avait bien senti le mécontentement général, ne serait-ce qu’en voyant monter au créneau même les syndicats d’habitude les plus complaisants. Le fait qu’en Normandie la DEX n’avait rien imposé aux agents a joué aussi.

En apprenant ce recul, les travailleurs étaient nombreux à se sentir fiers, à juste titre, de leur réaction collective. Mais ils savent aussi que La Poste n’en restera pas là. Cette première tentative déguisée d’annualisation du temps de travail sera suivie d’autres, car la direction a dans sa manche un projet « horaires variables » qu’elle commence à tester dans plusieurs centres en France. Pour mettre un coup d’arrêt à ces attaques, les travailleurs devront faire craindre à La Poste des intempéries à leur sauce : une véritable tempête sociale.

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