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Leur société
Permis de conduire : circulez, il n’y a rien à voir !
Un amendement au budget, voté en catimini par les sénateurs, supprime pour un grand nombre de travailleurs la possibilité de financer l’obtention du permis de conduire en utilisant leur compte personnel de formation (CPF).
Désormais, la possibilité d’utiliser le CPF ne sera plus accordée qu’aux demandeurs d’emplois ou en cofinancement avec l’entreprise, sans qu’on sache très bien à quelle hauteur et sous quelles modalités. La restriction va au-delà puisque l’aide de 500 euros aux apprentis inscrits aux cours de conduite disparait également et que le dispositif d’aide de 1 200 euros par France Travail, pour passer le permis, devrait être supprimé le 1er avril prochain.
Avoir le permis B est indispensable pour trouver du travail dans bien des secteurs ruraux et des petites villes, et même dans les grandes agglomérations, mieux desservies en transports en commun ; c’est un critère de recrutement des agences d’intérim et de nombreux employeurs. Le permis B, qui revient en moyenne à 1 500 à 2 000 euros, est la première formation demandée via le CPF. En 2023, il représentait 23 % des formations financées, soit 1,5 million de demandes.
Les sénateurs qui ont présenté cet amendement, et le gouvernement qui l’a intégré au budget, osent justifier la suppression de cette possibilité au prétexte qu’elle « crée un effet d’aubaine » et ne servirait pas vraiment à l’insertion des chômeurs car une majorité de ceux qui utilisent leur compte formation pour financer leur permis ont déjà un emploi ! Le salaire dudit emploi, et les dépenses qu’il permet ou non de couvrir, n’ont visiblement pas été évoqués.
L’enseignement de la conduite et sa validation devraient faire partie des programmes scolaires. En attendant, pouvoir utiliser le CPF à cet effet serait bien la moindre des choses.