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La Poste – Cestas : la direction joue avec le feu
Le 25 juillet, alors que l’incendie progressait en Gironde, la préfecture a ordonné l’évacuation de Cestas, la commune où est située la plateforme de tri de La Poste (PIC).
Bien avant cela, les fumées toxiques avaient pénétré le bâtiment. Les postiers incommodés ont protesté contre le directeur qui s’opposait à leur départ. Il a fallu attendre le décret de la préfète de Gironde pour qu’ils puissent quitter le site.
L’attitude de la direction locale de la PIC correspond à une attitude d’ensemble de celle de La Poste, qui entend présenter la facture des incendies aux postiers en leur demandant de récupérer des heures.
Face à cette situation, la CGT a appelé à la grève le 3 août, mais comme les postiers n’étaient pas au travail les jours précédents, cela n’a mobilisé personne, sauf les médias, qui ont fait état des mesures imposées aux postiers. Ceux-ci ont repris le travail le lundi 3 août à 6 heures, avec difficulté, beaucoup de travailleurs ayant besoin de parler. Chose qu’elle ne fait jamais d’habitude, la direction est venue serrer les mains, ce qui a en fait beaucoup choqué.
À partir du 3 août, les réunions se sont succédé entre les syndicats, le CSE et la direction. Celle-ci a finalement décidé d’imposer trois jours de chômage partiel et que 262 postiers devraient rendre quatorze heures chacun à La Poste, soit une heure par jour à partir du mois d’octobre.
Ce sont des décisions révoltantes : le chômage partiel est payé, en partie, par l’État. La Poste complète, mais elle économise ainsi des dizaines de milliers d’euros payés par l’argent public. Quant aux quatorze heures, elles sont tout bénéfice pour elle.
La forêt brûle, les postiers sont intoxiqués, déplacés, mais la direction de La Poste trouve encore le moyen de bénéficier à leur dépens d’un crédit d’heures qu’elle compte utiliser à sa guise à partir d’octobre. Il n’est pas dit qu’elle arrive à ses fins, tant le cynisme qu’elle affiche révolte les postiers.