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Leur société
Prisons : une situation catastrophique
Lundi 27 avril, environ 80 établissements pénitentiaires étaient touchés ou bloqués par un mouvement de grève des surveillants qui dénoncent, à l’appel du syndicat UFAP-UNSA, la surpopulation carcérale et ses conséquences.
Le taux d’occupation moyen était au 1er mars de 137,5 %, et atteint même 200 % dans 25 établissements, avec 87 126 détenus pour moins de 63 500 places. Les traitements inhumains dans les prisons françaises sont dénoncés depuis de nombreuses années par quantité de rapports, dont le dernier du Conseil de l’Europe, fin janvier, qui parlait d’« entrepôts humains ». La promiscuité dans des cellules où s’entassent les prisonniers – 7 000 dorment par terre – et le manque d’hygiène, avec les nuisibles qui prolifèrent, ne peuvent qu’encourager la violence et les tensions entre détenus et avec les gardiens, qui sont en sous-effectif permanent.
Tout le système participe de cette embolie : les tribunaux étant débordés, les affaires ne sont pas traitées et certaines détentions sont allongées en conséquence. Sur 87 126 détenus, plus de 22 000 le sont en attente d’un jugement.
Les surveillants comme les détenus sont victimes de la politique du tout sécuritaire menée par tous les ministres de l’Intérieur depuis des années. Il faut serrer la vis, taper fort – sur les pauvres –, remplir les prisons, et tant pis si cela ne met pas fin, et pour cause, à l’insécurité qui grandit sur fond de crise et de misère.