Procès : travail dissimulé aux JO04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Procès : travail dissimulé aux JO

Le 2 février a commencé au Tribunal de Bobigny le procès d’un réseau d’entreprises sous-traitantes du bâtiment ayant œuvré sur les chantiers des JO 2024, en particulier pour la construction du village des athlètes.

Elles sont accusées de travail dissimulé et d’emploi de travailleurs sans-papiers. Les vingt et un prévenus sont essentiellement des prête-noms. Mais deux entreprises sous-traitantes, GTC et RBC ont pignon sur rue et le donneur d’ordre, GCC, fait partie des dix premiers groupes du BTP.

L’affaire est ancienne, dès 2022 des travailleurs avaient alerté la CGT sur leur situation et, en mars de la même année, l’inspection du travail avait constaté la présence d’ouvriers non déclarés et sans titre de travail. Au moins neuf sociétés écrans, gérées par des hommes de paille, liées à un réseau mafieux, faisaient passer les travailleurs d’une entreprise à l’autre, sans contrat d’embauche ni souvent de bulletin de paie et dans des conditions de travail épouvantables.

Toutes les heures effectuées n’étaient pas payées ; l’ordinaire, c’était les horaires interminables, pas de congés, pas de déclaration d’accident du travail, pas d’indemnisation, simplement le retour du travailleur à un poste après guérison. Depuis, certains travailleurs ont été régularisés, mais en grande partie suite à une grève sur un des chantiers. Dix-huit travailleurs africains identifiés comme victimes sont appelés à témoigner.

À part les hommes de paille, un responsable de RBC et trois personnes travaillant chez le donneur d’ordre GCC, ainsi que ce groupe lui-même en tant que personne morale, sont poursuivis. De son côté, GCC a déposé plainte contre un de ses sous-traitants et se considère comme une victime du système !

L’Urssaf réclame 8 millions d’euros, mais l’État et ses préfets multiplient les obstacles à la régularisation des sans-papiers. C’est bien l’ampleur du chantier, sa médiatisation, et la résistance de certains travailleurs qui ont attiré l’attention sur des situations qui sont en fait très répandues, dans le BTP en particulier.

Partager