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Dans les entreprises
Profits de guerre en vue
Présent au salon de l’armement, Renault Group se vante de son prototype 4-Troop, conçu avec Thales, à la demande, paraît-il, de la Direction générale de l’armement, la DGA.
Ce gros véhicule 4×4 apte à piloter des drones ou des robots terrestres a même été pourvu d’un nom de code – armée oblige : le 4-Troop est un VCMR, un « véhicule civil multirôles », qui serait, selon ses promoteurs, « adapté aux nouveaux besoins opérationnels des forces terrestres ». Cet engin de guerre, qui pourrait être livré début 2027, serait fabriqué sur la base des plateformes automobiles du Master, du Dacia Bigster ou du Renault Rafale, au nom prédestiné.
Après sa décision de fabriquer des drones dans son usine du Mans, en partenariat avec Turgis Gaillard, et d’en livrer jusqu’à 600 par mois, le groupe Renault investit davantage dans l’industrie de guerre, en gardant la coquetterie de se dire avant tout constructeur automobile mais prêt à mettre « l’expérience de Renault Group en matière d’architecture électronique […] et son approche industrielle » au service de la DGA. La direction de Renault ne veut pas être la dernière à profiter des milliards en jeu dans l’industrie de la mort.
Le nouveau directeur général, François Provost, a récemment laissé entendre lors d’une interview à un média belge que, pour croître significativement, l’économie en Europe, notamment en France, devrait s’axer sur le militaire. De toute façon, peu lui importe ce que pensent les travailleurs des usines et bureaux de recherche sur le fait de fabriquer ou non ces machines-à- tuer, comme de l’ensemble de leurs conditions de travail d’ailleurs. Il l’a déjà fait savoir en annonçant en avril la suppression de 15 à 20 % des effectifs mondiaux du groupe dans l’ingénierie. L’annonce de la fermeture du site yvelinois de Villiers-Saint-Frédéric montre que cette saignée va continuer.
À nouveau directeur, nouveau slogan publicitaire : le dernier en date, guère plus inventif que le « Renaulution » de Luca De Meo, est « futuRReady », prêt pour le futur. Est-il si sûr du futur que lui réservent les milliers de salariés, prestataires et intérimaires qui font sa fortune comme celle des actionnaires ?