PSG : machine à cash03/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3018-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-06-03

Leur société

PSG : machine à cash

Si chaque rencontre sportive a sa part d’aléas, la victoire du Paris-Saint-Germain en Ligue des champions, le 30 mai, n’était pas fortuite pour autant. Le club fait partie du cercle restreint des écuries européennes les plus riches, celles qui peuvent espérer gagner cette compétition.

Real Madrid, Barcelone, Liverpool, Bayern Munich, Manchester City, Arsenal, Chelsea… : la quasi-totalité de ces clubs joue dans une des cinq ligues européennes qui drainent les revenus les plus élevés en Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, France. La Ligue des champions, dont la création remonte à 1992, est progressivement devenue une énorme machine à cash. Dans cette suprématie financière, dix ou quinze clubs seulement peuvent espérer l’emporter, et la « glorieuse incertitude du sport » est une formule creuse. Les revenus de ces clubs connaissent une croissance spectaculaire, par le biais des droits de retransmission télévisée, mais aussi de la billetterie et des nombreux produits dérivés. Le PSG vend par exemple plus d’un million de maillots par an, à 120 ou 130 euros l’unité.

Si les différents clubs n’ont pas tous le même modèle, le PSG appartient depuis 2011 au fonds souverain du Qatar, qui y a vu alors un outil d’influence, ce qu’on appelle le « soft power », de même qu’il a lancé la chaîne de télévision BeIN Sports et obtenu l’organisation du Mondial 2022 en corrompant quelques figures essentielles des instances du football. Plusieurs firmes françaises du CAC40, dans lesquelles cet État pétrolier a pris des parts, y font des affaires profitables. Total ou Vinci y sont très présents et, en 2024, le Qatar a acheté pour 162 millions d’euros d’armes françaises.

Aujourd’hui, à 850 millions d’euros, le budget annuel du PSG est 34 fois supérieur à celui d’Angers ou du Havre, ses concurrents impécunieux de Ligue 1. Son budget est équivalent à celui de l’État du Cap-Vert (550 000 habitants). Et, avec celui d’Arsenal, les deux clubs finalistes de la Ligue des champions cumulent des recettes proches de celles de l’État d’Haïti et de ses 11 millions d’habitants.

Héritiers au petit pied du « pain et des jeux » des empereurs romains, les politiciens français ont été nombreux à chercher à récupérer un peu de la gloire du PSG. Peu importe que deux tiers des joueurs de l’équipe victorieuse soient étrangers, tout est bon pour pousser un cocorico. Sarkozy est un supporteur assidu, Macron a reçu l’équipe championne à l’Élysée, Édouard Philippe ou Gabriel Attal se sont fait filmer en train de fêter la victoire, sans doute en espérant que, sans qu’ils aient à toucher le ballon, les buts se transforment en points de popularité, voire en résultats électoraux…

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