“Réindustrialisation” : méthode Notre-Dame sans miracle en vue28/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3013-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-04-28

Leur société

“Réindustrialisation” : méthode Notre-Dame sans miracle en vue

Macron s’est rendu, le 22 avril, sur le site de la future mine de lithium d’Imerys à Échassières, dans l’Allier, un projet contesté par de nombreux riverains et des associations qui redoutent les conséquences pour l’environnement.

Face à ces opposants, Macron a affirmé sa volonté d’accélérer la procédure en se posant en « champion de la réindustrialisation ». Sa méthode miracle doit s’inspirer, a-t-il déclaré, de celle qui a été mise en œuvre lors de la reconstruction de Notre-Dame et lors des JO de 2024. Elle s’appliquerait à 150 projets labellisés « cathédrales industrielles », pour plus de 70 milliards d’euros d’investissements et 30 000 emplois annoncés. En pratique, cela consiste surtout à diminuer les possibilités de recours, regroupés directement au niveau d’une cour administrative d’appel. Il est aussi envisagé d’alléger les normes environnementales. Le seul objectif serait donc de réduire les délais de réalisation de ces projets. Tant pis pour les riverains et l’environnement.

Les patrons concernés seront les seuls gagnants. Dans le cas de la mine de lithium, Imerys s’est ainsi vu promettre en février une prise de participation de l’État de 50 millions d’euros via la Banque des territoires, filiale publique de la Caisse des dépôts.

Mais comme le patron d’Imerys l’expliquait lui-même, cet argent doit permettre de compléter les études de faisabilité, « pour ensuite avoir les détails suffisants pour décider d’investir, passer des commandes et commencer à creuser dans le sol ». En clair, l’État paye avant même que la décision de creuser la mine ait été prise.

Les procédures administratives peuvent être accélérées, et les possibilités de recours quasiment supprimées, rien ne se fera si les investisseurs n’y voient pas des garanties de profits suffisants. Macron peut bien multiplier ses discours sur la « réindustrialisation », les patrons font leurs calculs et, tout en empochant les subventions publiques, ils continuent de fermer des entreprises et de supprimer massivement des emplois pour augmenter les bénéfices et les dividendes versés aux actionnaires.

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