Renault – Villiers-Saint-Frédéric  : le patron doit payer17/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P12-1_Rassemblement_le_10_juin_%C3%A0_Villiers-Saint-Fr%C3%A9d%C3%A9ric_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C79%2C600%2C417_crop_detail.jpg2026-06-17

Dans les entreprises

Renault – Villiers-Saint-Frédéric  : le patron doit payer

Mercredi 10 juin, la direction de Renault a organisé un comité social et économique (CSE) pour y présenter le projet « relocalisation des activités, moyens et équipes de Villiers-Saint-Frédéric », dans les Yvelines.

Illustration - le patron doit payer

En fait, il s’agit de la fermeture du site, qui comprend 800 travailleurs dont 300 prestataires, prévue entre fin 2026 et mi-2027.

La direction veut transférer les travailleurs sur les sites du Technocentre de Saint-Quentin en Yvelines, d’Aubevoye et de Lardy, en ignorant totalement les prestataires : quid de leur avenir ? Cette situation est scandaleuse. Elle prévoit dès octobre et novembre 2026 les premiers transferts de salariés. Ceux-ci dénoncent des délais trop courts pour réorganiser leur vie. En effet, tous ces transferts entraîneront pour eux des bouleversements : des parcours de plus de quarante kilomètres pour certains, et vu les prix de l’essence, ce ne sont pas les faibles indemnités des frais kilométriques de Renault qui épongeront les factures. Certains salariés avaient déménagé lors de leur mutation à Villiers-Saint-Frédéric, alors maintenant ils sont très inquiets, en pensant aussi aux conséquences pour leurs enfants.

Des salariés mécontents ont pris l’initiative de faire des t-shirts protestant contre la fermeture du site. Ils ont apostrophé les délégués CFDT et CFE/CGC, en désaccord avec eux. Ensuite, une trentaine de salariés se sont invités à la réunion de la direction, et ils lui ont tourné le dos en leur montrant leurs t-shirts floqués « On en a gros », puis ils sont sortis. Plus tard, vers la fin du CSE, plus d’une centaine de travailleurs se sont rassemblés à l’entrée du site. Des prises de parole ont appelé à se mobiliser et à s’organiser.

La direction compte sur l’effet de surprise et un calendrier très court pour imposer sa politique aux travailleurs. Une réunion devait avoir lieu jeudi 18 juin, non pas à Villiers-Saint- Frédéric mais à Boulogne-Billancourt, car elle ne tient pas à avoir la pression directe des travailleurs du site.

Renault parle « d’accompagner les cas particuliers dans cette réorganisation ». Mais ces « cas » sont des travailleurs. Face à la direction qui ne leur fera pas de cadeaux et qui veut continuer à accumuler des milliards de profits, ils devront s’organiser collectivement pour faire payer Renault.

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